Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 4 Décembre 2017
( Matthieu 8, 5-11 )
Le prophète Isaïe qui est un visionnaire nous raconte une de ses visions. Il voit que la petite colline qui domine la ville de Jérusalem est devenue le centre de l’univers, que toutes les nations se dirigent vers elle. Elles réalisent qu’elles ont besoin de la Parole de Dieu et demandent qu’on leur enseigne les chemins du Seigneur afin de pouvoir les suivre. Quand le prophète nous dit :
« On n’élèvera plus l’épée; ils n’apprendront plus la guerre »,
il fait appel à la charité, à une charité qui se fait inventive et concrète.
En ce temps de l’Avent où nous supplions le Seigneur de venir, le prophète nous appelle à regarder notre monde avec espérance.
C’est facile de faire un lien entre cette vision du prophète et l’événement que saint Matthieu nous raconte dans l’évangile. Le prophète déclarait :
« Vers elle, afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux »
et Jésus vient de répondre favorablement à la demande d’un étranger, un centurion romain qui désire la guérison de son serviteur.
Le centurion, un officier de l’armée romaine qui commandait cent soldats, est non seulement un étranger mais un envahisseur. Il n’est pas sans savoir que les Juifs ne le portent pas dans leur cœur. Ils le haïssaient sans doute parce qu’ils le voyaient comme un ennemi. Il avait sans doute déjà fait plusieurs démarches pour que son serviteur auquel il tenait beaucoup, retrouve la santé, mais sans succès. Poussé par l’Esprit, il ose se présenter à Jésus en toute humilité. Il reconnaît qu’il a besoin de Dieu et Jésus est son dernier recours. Jésus, en admiration devant la foi de cet étranger, guérit à distance le serviteur malade.
Le centurion représente bien ces nations, ces peuples nombreux annoncés par le prophète qui viendront à la montagne du Dieu de Jacob. Toujours comme l’annonçait le prophète, on sent que ce soldat qui s’approche de Jésus veut connaître les chemins du Seigneur et suivre ses sentiers. Le prophète faisait appel à la charité, et ce soldat romain, familier des lances et des épées de guerre, pose un beau geste de charité envers son serviteur.
Le centurion qui se déplace pour aller rencontrer Jésus et le supplier de guérir son serviteur. Reconnaissant qu’il n’est pas digne de recevoir Jésus chez lui, il lui demande de ne pas déplacer, il n’a qu’un mot à dire et ça suffit. Celui que les Juifs considèrent comme un païen est bien conscient de la puissance qui habite la parole de Jésus.
« Dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri ».
Sa foi, avant toute chose, est confiance en Jésus et abandon à sa Parole.
On a beaucoup de choses à apprendre de ce soldat romain : sa démarche pour aller rencontrer Jésus en toute humilité; sa foi en la Parole de Jésus; son beau geste de charité envers son serviteur. Son geste nous incite à participer aux beaux gestes de charité qui vont se multiplier partout à l’approche de Noël, gestes qui ont déjà débuté, gestes que nous pouvons porter à l’avance dans notre Action de grâce au Seigneur.
