Mgr J-C. Dufour 12 janvier 202 – Ste Marguerite Bourgeoys – Jean 15, 9-17

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 12 janvier 202 – Ste Marguerite Bourgeoys – Jean 15, 9-17

 

Sainte Marguerite Bourgeoys! Dans la première lecture :« Ayant pour vous une telle affection, nous aurions voulu vous donner non seulement l’Évangile de Dieu, mais jusqu’à nos propres vies, car vous nous étiez devenus très chers. » Ça traduit celle que nous fêtons aujourd’hui.

Suite à une conversion lors d’une procession à Marie, Marguerite Bourgeois désire se consacrer à Dieu dans une communauté religieuse, mais des refus étranges d’admission dans des communautés contemplatives la laisse disponible pour la Nouvelle France où elle arrive en 1653.

Elle commence par construire une chapelle dédiée à Notre-Dame du Bon Secours puis ouvre la première école. Par la suite elle fondera une Congrégation externe pour parfaire l’éducation religieuse des femmes et jeunes filles. Peu à peu naît un système scolaire et d’action sociale qui s’étend à tout le pays.

Ses œuvres lui vaudront le titre de cofondatrice de l’Église du Canada.

Elle effectue plusieurs voyages en France pour recruter de jeunes femmes pour la seconder et l’aider dans l’éducation des jeunes. Sa présence sur les bateaux était déjà toute une prédication entraînant des conversions puisque, dit-on : « ils étaient changés comme le linge qu’on met à la lessive ».

C’est une communauté de « vie voyagère » qui en train de naître difficilement. Communauté de « vie voyagère » parce que ces femmes veulent suivre l’exemple de Marie qui avait dû parcourir 130 km pour aller donner un coup de main à sa vieille cousine. Sainte Marguerite écrit : « Si la Sainte Vierge n’a jamais été cloîtrée, elle a bien été retirée dans sa solitude intérieure, mais elle ne s’est jamais exemptée d’aucun voyage de charité à exercer. Nous voudrions la suivre en quelque chose. La règle de la charité est celle que la Sainte Vierge a prescrite à tous ceux qui ont eu l’honneur d’être à sa suite. » Aussi, n’étant à la charge de personne, ces femmes enseignent et font le catéchisme tout au long des rives du St-Laurent, à pied, à cheval ou en bateau.

Le nom de religieuse de Marguerite Bourgeoys était sœur Marguerite du Saint-Sacrement. Elle vous ressemble. C’est dans sa dévotion mariale et son amour de l’Eucharistie qu’elle puisait la force nécessaire pour poursuivre sa mission d’évangélisation, enseignant que la prière doit partir du cœur comme de son centre.

Celle qui a dû affronter des défis énormes au cours de sa vie portait en elle tout un secret, le secret le plus merveilleux qui soit, celui de sa foi et de sa confiance en Dieu.
Dans son testament spirituel rédigé deux ans avant sa mort, elle écrit :

« Il est vrai que tout ce que j’ai toujours le plus désiré, et que je souhaite encore le plus ardemment,
c’est que le grand précepte de l’amour de Dieu par-dessus toutes choses
et du prochain comme soi-même soit gravé dans tous les cœurs ».