Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 26 novembre 2025 – Luc 21, 12-19
Jésus prépare ses disciples aux jours difficiles qu’ils auront à traverser.
C’est proche de ce que nous vivons. Dans notre monde, des disciples du Christ risquent leur vie en raison de leur foi. Le livre du pape François que nous écoutons au réfectoire nous en disait beaucoup. Notre monde est de plus en plus fragile et les hommes sont de plus en plus déstabilisés. Il ne faut pas se tromper. De tout temps, la vie des hommes a été menacée. Toutefois, Jésus promet à ses disciples de demeurer auprès d’eux et de les inspirer pour leur défense. Dieu s’est toujours montré présent.
Pour éclairer ce passage de l’évangile, je me sers d’un épisode de l’Ancien Testament et d’un évènement de notre temps.
Dans l’Ancien Testament, il faut lire l’expérience du prophète Élie. Il est pourchassé, malmené par la reine Jézabel. Il va connaître toute une tempête intérieure. Il va s’imaginer être tout seul à croire. C’est lui qui nous le dit : « les israélites ont abandonné ton alliance… je suis resté tout seul » (1 R 19,10). Et alors, il se sauve pour sauver sa vie. Il s’imagine que fuir la réalité va lui donner vie. Ensuite, il va connaître toute une tempête extérieure, celle de l’ouragan, du tremblement de terre, du feu… Il va traverser cette expérience, revêtue uniquement de son zèle jaloux pour le Seigneur. Il va vivre la rencontre du Seigneur dans la brise légère. Ce zèle jaloux, sa persévérance lui donne la vie, ce qui va le faire tenir debout. Alors on peut faire le lien avec la dernière phrase de l’Évangile : « C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie ».
Le 13 novembre dernier, ça faisait dix ans, on a fait mémoire en France de l’attentat commis au Bataclan qui avait fait 89 morts. Un journaliste, qui avait perdu son épouse, publie un message intitulé « Vous n’aurez pas ma haine ». Il déclare : « Alors, non je ne vous ferai pas le cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant, mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes ».
Comment ne pas penser à ce journaliste qui refuse la haine suite au décès de sa femme dans un attentat ?
C’est la même brise légère que le prophète Élie. C’est le chemin du pardon qui va donner vie à son existence.
Avec Élie, avec ce journaliste, et beaucoup d’autres qui ont foi en Dieu,
vivons ces tempêtes dans la confiance indéfectible
que Dieu est présent dans l’infiniment discret,
dans une voie de fin silence.
