Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 15 septembre 2025 – Notre-Dame des Douleurs – Jean 19, 25-27
Deux lectures plutôt courtes ce matin ! C’est vrai que ce n’est pas le temps de parler longuement quand on est en présence de quelqu’un qui souffre. C’est le temps de méditer, de prêter une oreille attentive. Si l’auteur de la lettre aux Hébreux fait état des souffrances du Christ, saint Jean, dans l’évangile, nous parle de ceux qui étaient là au moment de la crucifixion, la mère de Jésus, la sœur de sa mère, Marie-Madeleine et le disciple qu’il aimait. Quatre fois, dans les textes d’aujourd’hui, on nous dit que Marie était au pied de la croix : dans la prière d’ouverture, dans l’acclamation à l’évangile, dans l’évangile, dans la prière sur les offrandes.
L’antienne d’ouverture nous rappelait la prophétie du vieillard Syméon quand il dit à Marie : « Cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive ».
Mettez-vous à la place de Marie un moment. Ça n’a pas dû être facile pour elle d’entendre cette prédiction du vieillard Syméon. Elle apprend que son tout-petit enfant, encore tout fragile, aura à souffrir sans qu’elle puisse y faire quelque chose. J’imagine que ces mots du vieillard Syméon ont dû la hanter pendant plus d’une trentaine d’années. Quand elle entendra les insultes proférées contre son Fils, quand elle verra ses ennemis machiner toute sorte de complots pour l’éliminer, quand elle assistera impuissante à son calvaire et à sa mort, chaque fois, c’est un coup de glaive qui transperce son cœur de mère.
Lors de la visite de l’ange Gabriel, Marie avait répondu « oui » avec empressement. « Qu’il me soit fait selon ta parole ». Avec les paroles du vieillard Syméon, elle comprend que la volonté du Père doit passer par un chemin douloureux à cause de la méchanceté des hommes. Mais habitée par la parole de Dieu, elle a pu garder confiance et demeurer étroitement unie à son fils, réalisant ainsi son rôle de co-rédemptrice.
Ce n’est pas une fête triste que nous célébrons aujourd’hui, c’est une fête qui nous plonge au cœur du grand mystère de l’amour de Dieu pour l’humanité. Réjouissons-nous, car nous avons une Mère qui nous accompagne depuis le jour où Jésus, arrivé au bout de sa mission, la confie à son disciple en lui disant : « Voici ta mère ».
Aujourd’hui Marie nous apprend que suivre Jésus, c’est accepter de marcher sur les mêmes chemins que lui. C’est lui qui nous le disait : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». Mais, comme il est dit dans le
Prions en Église
« La souffrance n’est pas une punition en conséquence de nos péchés. Marie, tout comme son fils Jésus, l’a accueillie sans révolte, dans l’amour et la confiance en Dieu. »
