Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 25 août 2025 – St Louis de France – Matthieu 23, 13-22
Nous savons que les scribes et les pharisiens portaient des robes spéciales, qu’ils aimaient être salués, prendre les premières places dans les synagogues et les divans dans les festins. Est-ce que c’était grave? Pas forcément!
En droit ils avaient le droit de se distinguer par leurs vêtements, le droit d’occuper des places particulières.
Mais Jésus qui avait proclamé les sept béatitudes fait aujourd’hui le contraire, il proclame sept malédictions à l’adresse des scribes et des pharisiens parce qu’ils ont renié l’essence de leur ministère. Leurs rites, au lieu de rassembler deviennent des carcans qui emprisonnent les cœurs et les empêchent d’aller à Dieu. Ils n’ont plus de vie intérieure.
Pour Jésus, personne n’a le droit de revendiquer la dignité du ministère s’il n’a pas le sens de ce ministère, la foi et l’amour.
À l’inverse des scribes et des pharisiens, Saint Augustin adressait au Seigneur en confessant ses fautes et en exaltant la gloire de Dieu. On peut dire qu’il criait au secours en disant :
« La maison de mon âme est étroite pour vous recevoir, élargissez-la. Elle tombe en ruines, réparez-la. Çà et là elle blesse vos yeux, je l’avoue et le sais; mais qui la balayera ? A quel autre que vous crierai-je : « Purifiez-moi de mes secrètes souillures, Seigneur, et n’imputez pas celles d’autrui à votre serviteur » « Je crois, c’est pourquoi je parle; Seigneur, vous le savez ».
Ces mots de saint Augustin pourraient bien être les nôtres, nous permette d’élargir notre porte étroite.
Et puis, il y a aussi le saint que nous fêtons aujourd’hui, saint Louis IX qui était le roi de France. Il réalisa le modèle du prince chrétien vivant selon l’Évangile. Époux plein de tendresse, père attentif à élever ses onze enfants en vrais chrétiens, chef d’état soucieux de justice et de paix, il vivait sa foi humblement au jour le jour, dans la prière, le service des pauvres et une joie toute franciscaine. Il était le patron de votre père fondateur.
Qu’est-ce qu’on peut retenir de tout ça?
Heureux sommes-nous si nous accueillons chaque jour la Bonne Nouvelle de l’Évangile comme un don d’amour, source d’un chemin de conversion et d’un appel à devenir vraiment enfants du Père et frères en humanité, sans frontières entre ceux du dedans et ceux du dehors, entre les purs et les impurs, entre les supérieurs et les inférieurs.
