Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 11 juillet 2025 – Saint Benoît – Matthieu 10, 16-23
On envoie Benoit à Rome faire ses études, accompagné de sa nourrice. Rome est terrible aux âmes pures : tentations charnelles, tentations intellectuelles et politiques.
Les moines d’un monastère voisin l’invitent à devenir leur Père abbé. Bien mal leur en a pris : il veut les sanctifier et les réformer. Ils en sont décontenancés et tentent de l’empoisonner.
La jalousie d’un prêtre les en chasse, lui et ses frères, et ils se réfugient au Mont-Cassin qui deviendra le premier monastère bénédictin.
Trois ans plus tard il gagnait une grotte de Subiaco dans laquelle il vécut isolé trois ans… résistant aux habituelles tentations humaines comme l’auto-affirmation de soi et le nombrilisme, la sensualité, la colère et la vengeance.
Jésus connait bien le monde, et il connait aussi ses disciples. Il sait bien que leur message ne sera pas toujours accepté et bien souvent cela ira jusqu’à la moquerie, voir la persécution.
Il sait bien que les gens feront des sourires devant et critiqueront par derrière, voir médiront, calomnieront et feront toute sorte de torts. Et il les prévient, car même si leur première expérience de mission les a enthousiasmés ce ne sera pas toujours le cas.
Le disciple n’est pas plus haut que le maitre, ni différent de lui. Or Jésus sait bien qu’il va mourir sous la main des bourreaux. Dès lors il leur apprend la bonne conduite à avoir. Il leur faudra avoir le courage de la foi pour ne pas se plier aux exigences du monde, aux modes du monde, et bien au contraire ils auront à témoigner de l’amour de Dieu et de la parole de Dieu en toute son exigence.
Cependant Jésus les rassure aussi en leur affirmant qu’ils n’ont pas à s’inquiéter, de ce qu’ils auront à dire, s’ils restent dans la prière, s’ils restent ouverts à l’Esprit Saint, alors c’est l’Esprit saint lui-même qui leur dira ce qu’ils doivent dire ! Et quand on prend le temps de lire les actes des apôtres, on voit à quel point cela est vrai.
Ce qui était valable pour les premiers disciples de Jésus, pour ses apôtres, l’est tout autant pour nous. Le vrai témoin du Christ n’est pas celui qui se plie aux exigences du monde, ou à ces modes, sous prétexte de charité, de compréhension, de paix ….
Le vrai témoin du Christ est celui qui garde la parole de Dieu et qui en vit. D’ailleurs le vrai témoin du Christ, tout attaché à l’amour de Jésus pour les hommes saura les accueillir tels qu’ils sont sans pour autant se renier lui-même. Il ne sera pas là pour faire un prosélytisme de mauvais alois, mais simplement pour annoncer l’amour de Dieu qui ouvre le chemin du salut éternel, par sa parole.
Accueillir l’autre dans sa différence n’est pas s’écraser devant lui, se nier devant lui, c’est l’aimer tel qu’il est mais en attendant de lui qu’il puisse aussi nous respecter tels que nous sommes, dans notre différence.
Aujourd’hui malheureusement il semble que cette véritable harmonie, ne soit plus véritablement comprise et c’est un grand dommage !
Dès lors le chrétien d’aujourd’hui, s’il veut vraiment être disciple et témoin de Jésus doit se préparer à avoir le courage de sa foi en face du monde….
Aurons-nous vraiment ce courage ?
