Mgr J-C. Dufour 7 mars 2025 – Matthieu 9, 14-15

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 7 mars 2025 – Matthieu 9, 14-15

 

On sent que les disciples de Jean Baptiste sont agacés par le contraste qu’ils voient entre leur maître et Jésus. Avec Jean Baptiste, ils ont appris les valeurs de l’ascèse et du renoncement, de l’austérité et du jeûne.
Au moment où leur maître leur désigne Jésus comme « l’Agneau de Dieu », ils se mettent à observer Jésus. Ils sont étonnés et même scandalisés devant ce qu’ils voient.
Contrairement à leur maître, Jésus n’apparaît pas comme un partisan acharné du jeûne. Il ne refuse pas les repas qu’on lui offre avec ses disciples, allant jusqu’à manger avec les publicains et les pécheurs.
Jean Baptiste et Jésus sont donc bien différents l’un de l’autre, mais ils ont en commun les mêmes ennemis.

Jésus nous laisse entendre ce matin que le plus important c’est d’abord d’être invité à la noce, c’est-à-dire de participer à l’alliance entre l’Époux et l’Épouse, entre Dieu et son peuple.
Ce n’est pas pour rien que saint Jean, dès le début de son évangile, nous parle des noces de Cana. Jésus se révèle comme l’époux annoncé par les prophètes, celui qui, au nom de Dieu, vient établir une alliance nouvelle et éternelle. Avec lui, c’est l’heure des noces qui s’annonce et se révèle.

Il faut comprendre qu’il y a un rapport obligatoire entre le jeûne et l’alliance.
La première chose que Jésus fait avant d’entreprendre sa mission, c’est d’aller jeûner pendant quarante jours au désert.
Pendant quarante ans dans le désert, son peuple avait appris, non sans résistance, à s’en remettre totalement à Dieu qui voulait faire alliance avec lui.
Quand Jésus va jeûner au désert, c’est pour s’abandonner totalement à la volonté de son Père, c’est pour assumer sa mission de messie, c’est pour sceller une « alliance nouvelle et éternelle ».

Si on jeûne pendant le carême, ce n’est pas pour réaliser une belle performance ascétique, ni pour attirer la pitié de Dieu, c’est pour apprendre à nous abandonner, un peu plus chaque année, à l’amour du Père comme Jésus et toujours dans le cadre des noces entre l’Époux et l’Épouse, c’est-à-dire pour communier à l’alliance, nous unir à Jésus.
À ce moment-là, nous ferons le jeûne qui plait au Seigneur comme décrit le prophète Isaïe dans la première lecture, par exemple : « ne pas te dérober à ton semblable ».