« Yahvé mon âme s’attache à Toi, ta main droite me soutient. » (Ps 62,9)
De souche acadienne, notre Sœur Gabrielle Paquet naît à Dundee, Nouveau-Brunswick. Dans ce beau petit village, M. Samuel Paquet et Madame Hilda Savoie élèvent 14 enfants. Trois garçons en tête : Robert, Valmont, Romain. Suivent huit filles : Germaine, décédée à huit mois, Irène, Jeanne, Colombe, Germaine (la deuxième du nom), Corinne, Marie-Hélène, Gabrielle, la dernière des filles. Ensuite, Bertrand (décédé à huit mois), Clair, Laurier.
Étant la cadette des filles, Gabrielle joue avec ses petits frères. Elle aime aller à la pêche. Le papa gâte ses plus jeunes. Les promenades en auto sont des souvenirs inoubliables pour notre Sœur.
Le 2 mai 1942, la petite Gaby fait sa première communion. Dès lors, elle donne son cœur et sa vie à Jésus. Dans son fort intime, elle a la certitude que Jésus accepte son don. Au mois d’août de cette année, sa grande Sœur Irène entre chez les Servantes de Jésus-Marie. La petite sœur garde son secret dans son cœur; « Moi aussi, je serai religieuse ». La communauté de ses tantes religieuses, les « Filles de Jésus » ne l’attire pas. Elle préfère la communauté de sa grande sœur.
D’un tempérament timide, craintif, l’école s’avère ardue et elle délaisse le primaire après sa septième année. Elle aide sa maman à la maison mais Jésus la fascine tellement, qu’on la retrouve tous les jours à l’Église pour l’Eucharistie quotidienne. Elle passe du temps à prier devant le Tabernacle et la Vierge Marie et les stations du chemin de croix. La terre paternelle lui offre de belles opportunités de randonnées dans la nature. Elle aime les sports d’hiver, la lecture, le tricot, la radio.
Maintenant, âgée de dix-sept ans, elle demande par écrit, à sa grande sœur Irène, si elle peut entrer au couvent des S.J.M. Mais elle lui répond : « Tu es trop jeune ». Deux ans plus tard, ayant atteint l’âge de dix-neuf ans, elle avertit sa grande sœur de préparer sa cellule, qu’elle a l’âge requis !
Au postulat, même si elle a tout à apprendre, elle s’y plaît ! Peu loquace, elle en subit le reproche. Elle avance vers la profession religieuse malgré une sécheresse ardue. Elle persévère avec constance dans son désir d’être toute à Jésus-Hostie.
Gabrielle est admise à prononcer ses vœux perpétuels le 24 mai 1960. Ce jour que fit le Seigneur est un jour de grâces, jour où elle voit se réaliser le rêve de sa vie. Devenir épouse de Jésus pour toujours, alléluia!
Elle remplit différents travaux tels : couture, salle des hosties, cuisine, dispensaire, très vaillante et disponible. Parfois son petit caractère s’érige en « coq », selon son expression. Mais, rapidement, la grâce agit et elle s’amende. L’office de la cuisine salée et sucrée de la maison-mère lui demande beaucoup et semble dépasser ses limites. Vraie dans son oblation, elle offre tout pour les prêtres. Elle est une cuisinière accomplie, motivée par un sens du devoir généreux.
Dégagée plus tard de la cuisine, elle rend service dans plusieurs de nos Nazareth, elle dépanne à la sacristie, la buanderie, même servante de l’aumônier, c’est tout un exploit pour elle !
Elle est très attachée à notre bon saint Joseph. Un jour, elle le prie avec ferveur et lui demande : « St Joseph, trouve-moi des souliers et quelqu’un pour les payer ». Quelques jours plus tard, arrivent les souliers commandés et un monsieur se présente au tour et donne de l’argent, le montant exact de ses souliers. Comment ne pas aimer saint Joseph !
Elle prend à cœur son année jubilaire, son 25ème ! Elle veut arroser l’année qui le précède d’une générosité spéciale, plus radicale. Pour son jubilé d’or, elle se prépare durant trois années. L’année 2003, elle la consacre au Père. L’année 2004 à l’Esprit-Saint, l’année 2005, année Eucharistique. L’année 2006, consacrée à Jésus, est déclarée année Manginienne pour la communauté S.J.M. Comme cadeau jubilaire, notre chère sœur Gabrielle, renouvelle l’offrande d’elle-même au Bien-Aimé.
Jamais elle ne manque une adoration diurne ou nocturne et l’Office divin. Pour rien au monde, elle s’y soustrait. Ni la santé qui diminue, ni les recommandations de l’infirmière ou de la Mère-servante. Elle doit être à son poste !
Toute sa vie, elle reste cachée, silencieuse. Mais si S. Gabrielle parle peu, quand elle parle, ça compte ! Ses réflexions pleines d’humour et de bon sens entraînent inévitablement des éclats de rire de ses sœurs. Toujours fidèle à la vie commune, elle participe aux réunions et décisions de la communauté. En 2024, son cœur, qui a déjà subi une chirurgie en 1998, déclenche des inquiétudes.
Puis le 14 janvier, c’est l’infarctus massif. Elle s’alite pour ne plus se relever. Elle décline rapidement. Le lendemain, elle s’éteint comme un cierge tout doucement, cachée en Marie, discrète comme toujours.
Les funérailles ont lieu le samedi 25 janvier, présidées par M. l’abbé Yves Mayer, et l’inhumation, le 27 janvier, en présence de 5 Servantes de Jésus-Marie et de sa petite nièce Anik, qui représente la parenté du Nouveau-Brunswick.
Merci chère Sœur Gabrielle pour le beau témoignage de votre vie donnée ! Avec vous, nous redisons :
« Bénis le Seigneur, ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits » (psaume 102)
Vidéo Funérailles célébrées le 25 janvier 2025 par l’Abbé Yves Maillé :
https://www.youtube.com/watch?v=UDjGkdKkLpg

