Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 15 janvier 2025 – Marc 1, 29-31
Dans cet évangile, on pourrait voir la guérison de la belle-mère de Simon comme un fait divers sans trop d’importance, presque une anecdote ou comme un tout petit miracle.
Malgré ça, je m’arrête sur les deux petits versets qui nous raconte cette guérison.
Jésus vient de sortir de la synagogue de Capharnaüm; ses auditeurs disaient : « Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! »
En guérissant la belle-mère de Simon, Jésus joint l’autorité de l’action à l’autorité de la Parole. Le règne de Dieu que Jésus annonçait en enseignant s’accompagne maintenant de faits bien réels. Autrement dit, l’Évangile qui s’annonçait en parole se déploie maintenant dans des gestes concrets.
Notons aussi que l’annonce du règne de Dieu ne se limite plus à un lieu de prière, comme le temple ou la synagogue, mais qu’elle déborde jusqu’à la maison de Simon, jusqu’au lit de la malade qui ne pouvait être à la synagogue.
Plus tard, lorsque les premiers chrétiens juifs seront exclus de leurs synagogue, ils se rassemblaient dans des maisons pour échanger sur le Parole de Dieu.
Ça a des conséquences pour nous aussi; nous sommes invités à ne pas enfermer l’évangile dans un cadre liturgique, mais à le vivre dans la maison, dans ce qui fait le quotidien de nos vies.
Jésus entend la demande des disciples en faveur de celle qui souffre de la fièvre. Il ne s’agit pas d’une petite fièvre qu’on guérit aujourd’hui avec quelques tylenols mais d’une fièvre brûlante qu’on se devait de prendre au sérieux à ce moment-là.
En plus, les croyances populaires confondaient souvent la maladie avec la malédiction divine. Le geste de Jésus manifeste qu’il n’y a pas de malédiction divine, que la guérison équivaut à une restauration, à un retour en grâce.
Enfin, il faut remarquer que saint Marc décrit les gestes de Jésus d’une manière très ordinaire : s’approcher, prendre la main, faire lever.
Rien d’extraordinaire. Jésus ne prononce aucune parole, même pas une prière. Cette pauvreté et ce silence expriment la délicatesse de Jésus envers la femme malade et couchée.
Et maintenant la voilà debout, relevée de son mal, bien vivante, pour les servir.
Jésus redonne vie et vigueur en vue d’un bien qui dépasse la personne de la belle-mère : celle-ci devient une humble servante, pas même un sujet d’éloges ni de louanges, faisant bénéficier de son retour à la vie toute la maisonnée.
La guérison d’un seul sert la vie de tous.
