Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 4 novembre 2024 – Luc 14, 12-14 – Saint Charles Borromée
Nous fêtons aujourd’hui saint Charles Borromée. Nommé cardinal à 22 ans, il est submergé de charges honorifiques très lucratives; Il avait un revenu que tout le monde enviait, mais tout a changé pour lui.
Avait-il bien compris l’évangile que nous venons de lire :
« Quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux et des aveugles ».
Demain nous aurons un autre évangile où Dieu nous est présenté comme un époux qui invite à un festin de noces où les premiers seront les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.
Avait-il compris que Jésus avait été le serviteur qui a pris la dernière place aux côtés des plus souffrants, qui les a servis jusqu’à la fin, jusqu’au don de sa vie sur la croix, dans l’humilité totale, sans rien attendre en retour.
Charles de Foucauld se désolait de ne pas être à la dernière place parce qu’elle avait déjà été prise par Jésus.
Étonnante humilité du Dieu fait homme qui s’abaisse par amour à la crèche pour nous élever jusqu’au Calvaire.
Dans ce contexte, on comprend la béatitude que Jésus nous donne :
«Quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ;
heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »
En s’abaissant jusqu’à la mort, Jésus a été élevé dans la gloire, ravivant notre espérance en la vie éternelle.
Avant que ne vienne le temps des retrouvailles dans l’éternité,
prenons avec lui la tenue de service en nous identifiant aux plus faibles.
Saint Charles Borromée avait toutes les occasions de mener une vie de riche, mais devenu archevêque de Milan, il prend soin des pauvres alors qu’il vit lui-même pauvrement. Il soigne lui-même les pestiférés quand la peste ravage Milan en 1576. Il demande à tous les religieux de se convertir en infirmiers. Malgré le poids des années, il n’arrête pas de se donner jusqu’à l’épuisement. À ceux qui lui demandaient de prendre du repos il répondait :
«Pour éclairer, la chandelle doit se consumer.»
Je vous laisse avec la dernière phrase de saint Paul dans la première lecture :
« Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts;
pensez aussi à ceux des autres. »
