Notice de S. Lucie-de-la-Trinité, sjm (Lucie Forget)

« Marie nous donne la soif de l’Eucharistie! »
(parole de notre Sœur) 

 Le rideau s’ouvre sur une petite famille de Crysler dans l’Ontario.  C’est une lignée de plusieurs vocations religieuses qui a influencé ce foyer familial.  Le papa, M. Camille Forget, décédé de la tuberculose en 1957, la maman, Mme Yvonne Vincent, vaillante ménagère-cuisinière au service des prêtres durant 30 ans.  Elle fait un essai dans la vie religieuse avant de fonder un foyer. 

Trois enfants, Jean, Lucie et Bernard, forment la petite descendance des Forget.

C’est le 17 juillet 1941 que Lucie fait son entrée dans le monde.  Enjouée, espiègle à ses moments, toujours avec des questions en tête.  Elle termine ses études avec une douzième année de scolarité.

Ses notes nous révèlent qu’elle veut être religieuse depuis toujours!  C’est dans la communauté des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie qu’elle réalise son vœu.  Après son noviciat, elle doit regagner le monde pour cause de santé.

Elle contracte mariage avec M. Roger Frappier.  Son fils unique, Serge, peut compter sur la fidélité, la générosité, la vaillance de sa maman et surtout à l’affection de toutes ses fibres maternelles.  Malheureusement, la séparation se profile à l’horizon, et maman Lucie se voit dans l’obligation de pourvoir toute seule à l’éducation de son fils.

Cette chère maman n’est pas prise au dépourvu pour gagner son pain. Elle travaille comme banquière, sacristine, couturière, entretien ménager pour maisons privées. Elle confectionne de beaux vêtements liturgiques pour la paroisse.  Elle demeure attachée à l’Église, fidèle à l’Eucharistie, à la prière, et disponible au service des autres.

Elle est dotée d’une formation de choix comme cheftaine guide, militant pour la JOC et enrôlée comme membre associée Oblate Missionnaire de Marie Immaculée.

Puis un jour, l’appel resurgit, cette fois pour la vie cloîtrée. Un appel qui l’habite constamment.  Assoiffée de répondre à ce cri de Jésus « J’ai soif » et aspirant de tout son être à une vie d’union intime avec Jésus-Hostie, attirée par une vie d’oblation, de prière, d’adoration pour les prêtres, elle contacte Mère Éléonore en vue de son admission.  Un stage de quelques mois la confirme dans son désir de suivre Jésus au sein de notre Congrégation.

Mère Éléonore l’accueille le 21 novembre l991, lui prenant la main pour lui ouvrir les grilles du cloître et la conduire devant le trône eucharistique et toute la communauté.  Ce geste sera un précieux réconfort pour notre aspirante qui laisse derrière les grilles son fils unique Serge.  Elle le confie à la Vierge Marie qui veillera sur lui.  Libérée de toutes responsabilités envers lui, elle se jette à corps perdu pour la seule chose désormais qui compte « être la joie du Bien-Aimé ».

« Il n’y a qu’une chose qui compte, c’est d’être la joie du Bien-Aimé! » (parole de notre Sœur)

À sa prise d’habit le 23 mai1992, elle choisit de porter le nom de Sœur-Lucie de-la-Trinité.  Le 24 mai 1999 à ses vœux perpétuels, elle se livre tout entière au Père du Ciel : « Toi, Tu m’as donné ce que tu avais de plus précieux, ton Fils; alors moi, je ne puis te refuser ce que Tu me demandes en commençant par ce fils que tu m’as prêté ! »

Son sens de l’absolu, sa soif d’intériorité, tout son être profondément marial la fait vivre dans un recueillement évident.  Cela ne l’empêche pas de deviner les besoins de ses sœurs qu’elles aiment surnaturellement. Elle se montre une personne aimable, délicate dans ses procédés, attentive et fraternelle.  Durant les récréations, son rire est communicatif.

Dans tous les offices où elle passe, tout est fait avec soin et perfection.  Femme exigeante pour elle-même, d’une fidélité édifiante à notre esprit SJM, elle se fait exigeante aussi pour ses compagnes, ce qui occasionne parfois des désaccords.

Elle ne tarit pas d’affection envers les sœurs en autorité, avec lesquelles elle partage souvent ses désirs, sa reconnaissance, ses états d’âme.  Marie revient sans cesse sous sa plume.  Elle écrit : « Je reçois tout de Marie et elle fait tout pour moi ». 

Comme une hostie vivante, elle accepte la responsabilité à la fois de couturière et d’infirmière à la Maison-Mère.  Son dévouement sans borne l’épuise et sa santé flanche gravement. Ses forces reviennent modérément et elle peut continuer son service à la couture. Elle communie constamment au Cœur immaculé de Marie, c’est désormais sa seule prière. Toutefois, sa santé reste fragile.

Sur un billet, elle écrit : « Toute cachée en Marie, j’y puise la lumière pour me consumer! »  C’est avec ses sentiments, qu’elle est introduite à l’infirmerie communautaire, le 27 août 2016.  Elle aime rendre de petits services de réparation, de décoration. Durant sa maladie, sa famille reste proche d’elle et elle goûte de beaux moments avec son fils Serge. Sans oublier sa petite fille Mélanie.

Après plusieurs épreuves de santé, samedi le 17 août 2024, l’Époux la convie pour les noces éternelles. Paisiblement, elle quitte ce monde, entourée de ses sœurs SJM, sa belle-sœur Marielle, sa filleule Chantal.

Les funérailles sont présidées par M. l’abbé Yves Mayer, samedi le 24 août, et l’inhumation suit immédiatement au cimetière Notre-Dame de Gatineau.

La Vierge Marie l’a introduite au sein de l’Amour Trinitaire au paradis!