Notice de S. Marie-Denise-de-Jésus, sjm (Denise Boisvert)
Oui, mon rempart, c’est Dieu.
Le Dieu de mon amour vient à moi. (Psaume 58)
Sœur Denise est née dans une belle famille unie, croyante. Monsieur Donat Boisvert et Dame Alice Petit inculquent à leurs enfants de belles valeurs humaines et des vertus essentielles. Leur vie familiale baigne dans un climat de joie, de paix.
De leur union naissent 12 enfants : Yvette, Gilberte, Jean-Paul, Jeannine, Françoise, Clément, Denise, Marielle, Claude, Micheline, Gérard et un bébé mort peu après sa naissance. Leurs fils et leurs filles ont à cœur de conserver le précieux héritage de foi, d’amour, d’unité, transmis par la maman et le papa Boisvert. Ce beau patrimoine familial forge des caractères solides, forts, courageux, fidèles, capables de dépassement et don de soi.
Notre Sœur naît le 20 septembre 1935 à la paroisse Ste-Gertrude dans le diocèse de Nicolet. Elle est baptisée deux jours plus tard, le 22 septembre. Sa première communion, le 25 décembre 1941 imprime dans son âme un souvenir indélébile. C’est avec ferveur qu’elle célèbre sa confirmation, le 16 mai 1942.
Elle commence l’école primaire chez les Sœurs de l’Assomption à Ste-Gertrude de Nicolet. Ensuite, elle entame sa dixième année commerciale chez les Filles de Jésus, à Trois-Rivières. C’est avec cette dernière communauté, qu’elle entreprend sa formation comme infirmière-auxiliaire pour une période de deux ans. Sœur Denise remporte un grand succès dans toutes ses études. Avant son cours d’infirmière, elle acquiert une belle expérience de travail à l’hôpital Saint-Joseph comme préposée, alors âgée de 15 ans. À l’hôpital Cooke de Trois-Rivières, son lieu de pratique et d’apprentissage comme infirmière, elle termine ses études avec brio et reçoit sa licence pour pratiquer sa noble profession. Elle y travaille pendant deux ans.
Durant cette période, notre soeur découvre notre communauté. Elle est éprise de Jésus-Hostie au point d’y passer des heures en prière. Son aspiration à devenir l’épouse de Jésus depuis toujours se concrétise et elle fait sa demande d’admission.
Elle entre dans notre Congrégation en 1954, âgée de 19 ans. Suite à une épreuve de santé, elle nous quitte et retourne dans sa famille. Elle revient quelques années plus tard et cette fois elle repart chez les siens pour prendre soin de ses parents. En 1968, elle sollicite sa réadmission, la communauté l’accepte. Sa prise d’habit a lieu le 23 mai 1968 et elle prononce ses vœux perpétuels le 24 mai 1970.
On lui assigne comme obédience la charge d’infirmière. Très dévouée, elle ne calcule pas les heures au chevet de ses malades. Elle soigne ses sœurs avec délicatesse et tact, y mettant tout son cœur, leur prodiguant tout le confort possible. Auprès des sœurs mourantes, elle veille sans relâche sur leur bien-être, priant dévotement auprès elles.
Son caractère sensible et raffiné peut lui faire verser aisément des larmes. Malgré toute sa bonne volonté, son tempérament émotif provoque parfois des malaises dans les relations communautaires.
D’autres emplois lui sont confiés, couture, cuisine où elle excelle également. À vrai dire, tout lui réussit. Elle se dévoue aussi comme portière pendant 20 ans, principalement à Rimouski. Désormais, ses dispositions d’écoute, de compassion, elle les destine aux personnes qui leurs confient leurs peines et leurs joies. Dans ses relations avec l’extérieur, elle fait preuve de courtoisie, d’entregent. Ses conseils sont judicieux et bénéfiques.
Elle s’adonne aussi à des passe-temps tels la peinture, à la broderie, à la confection de belles cartes, l’été, elle met la main au jardinage des fleurs. Elle peut profiter du plein air et oublier ses souffrances.
Les épreuves de santé ne manquent pas dans sa vie offerte. Plusieurs opérations ont jalonnées son existence et la souffrance l’a accompagnée pendant de longues périodes. Sa volonté fait fi de ses limites physiques et pleine de confiance, elle reste optimiste, active.
Après bien des années, elle retourne à la Maison-Mère en 2009, à la fermeture du Nazareth de Rimouski. Après le déménagement, on la nomme responsable des beaux-arts. Elle rend service joyeusement et ne ménage pas ses forces malgré sa santé fragile. Elle repeint magnifiquement notre statue de la chapelle, Notre-Dame de Pellevoisin, de même que Saint Joseph et autres statues. Elle répare également des Enfants-Jésus.
Sa santé se détériore de plus en plus et l’oblige à faire un repos prolongé à l’infirmerie. Elle suit, dans la mesure de ses forces, l’Office divin et l’adoration. Après plusieurs chutes importantes, une investigation est faite. Quand le médecin lui annonce un diagnostic incurable et une fin prochaine, elle accueille ce verdict avec sérénité, répondant : « J’ai toujours voulu faire la volonté du bon Dieu, ce n’est pas à 88 ans que je vais faire le contraire ».
Elle reste sereine, joyeuse, participe à la vie de communauté. Elle remercie pour tout, demande pardon à ses sœurs. Elle a hâte de rencontrer l’Époux divin.
Elle part tout doucement, en la belle solennité de l’Ascension. Ainsi sa vie sur la terre est accomplie, elle rejoint sa vraie patrie, la demeure de notre Père éternel. De là, elle continue sa mission d’adoration, d’intercession pour nous tous, sa communauté, sa famille, ses amis.
En confiant notre Sœur à Dieu, nous nous confions à la prière de son cœur plein d’amour. Qu’elle repose en paix.
La célébration des funérailles est le samedi 18 mai 2024, présidée par M. l’abbé Yves Mayer, Mgr Jean-Charles Dufour, aumônier, concélèbre. L’inhumation au cimetière Notre-Dame suit immédiatement.
Le Dieu de son amour est venu la cueillir pour la combler sans fin.
