Mgr J-C. Dufour 1 juillet 2024 – Matthieu 8, 18-22 – Fête du Canada

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 1 juillet 2024 – Matthieu 8, 18-22 – Fête du Canada

 

On n’est jamais quitte avec la Parole de Dieu, elle a toujours un petit quelque chose d’étrange.  On la lit ! On pense qu’on a tout compris et puis, à un moment donné, nous découvrons qu’on a encore tout à comprendre. Elle nous remue en profondeur, et puis au bout d’un moment, elle réapparaît toute neuve comme si on l’écoutait pour la première fois.

Un scribe vient de s’approcher de Jésus pour lui dire « Maître, je te suivrai partout où tu iras. »
Jésus n’a pas de problème avec ça. Il ne dit pas « non » à cet homme qui veut le suivre. Lui-même en appellera d’autres à le suivre. Mais quand l’homme lui dit « partout où tu iras », il manifeste une grande ambition qui fait réagir Jésus qui lui dit : « Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête ».

C’est toute la vie de Jésus qui est dans cette affirmation.

Il est né dans la pauvreté au hasard d’un voyage.
Avec Joseph, il a gagné son pain à la sueur de son front au prix de grandes fatigues comme tous les artisans.
Il est mort en pauvre cloué sur une croix, en dehors de la ville en plus.
Il a fallu que Joseph d’Arimathie lui donne un tombeau
et que d’autres personnes fassent le don d’un linceul pour envelopper son corps.

Si tu penses, dit-il au scribe, qu’en te mettant à ma suite tu vas vivre plus aisément, tu te trompes.

Je me suis fait plus pauvre que les renards et les oiseaux qui ont au moins un abri;
je n’ai pas le moindre petit coin de terre qui m’appartienne, pas d’endroit où me reposer.
Je veux que mes disciples me ressemblent…

Jésus ne demande pas à tout le monde de parcourir les routes, de circuler de village en village comme lui l’a fait, mais il nous invite à marcher à sa suite, à tenir bon malgré tous les imprévus.

Suivre Jésus, c’est, comme lui, oser vivre pour Dieu et pour le monde.

Aujourd’hui la fête du Canada

D’un côté nous venons d’entendre le prophète Amos qui soulignait les crimes du peuple que Dieu s’était choisi. Pourtant, le Seigneur avait manifesté à son endroit des actes de puissance et d’amour qui évoquent son œuvre de salut.

Et d’un autre côté, un historien écrivait :
« Il ne faut pas perdre de vue que le Canada, comme bien des pays, s’est construit dans le sang sur des terres volées dans les batailles qui ont opposé Anglais et Français. Les tribus autochtones ont joué un rôle important que l’histoire a malheureusement rendu invisible. »

Je pense qu’il faut avoir tout ça en tête quand nous lisons les textes liturgiques d’aujourd’hui qui nous proposent de faire nôtre de grandes prières qui sont toujours de mise :

Demander au Seigneur la sagesse à nos gouvernants
de donner à chaque citoyen le respect de la vie et de la dignité humaine,
de nous remplir d’un amour fort et désintéressé.
Pour que nous puissions rechercher la réconciliation
et la justice entre toutes les cultures, races et nations.

Faisons ces prières avec confiance puisque je vais dire dans la préface :

« Les dons que tu prodigues dans la création n’ont pas épuisé ta bonté ;
car tu as révélé la plénitude de ton amour
lorsque tu as envoyé ton Fils unique pour notre salut. »