Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 3 juin 2024 – Marc 12, 1-12
Le fils qui est tué par les vignerons, c’est le Christ; la pierre rejetée par les bâtisseurs, c’est aussi le Christ; la pierre angulaire qui fait tenir tout l’édifice de l’Église, c’est encore le Christ, le Christ du matin de Pâques, celui qui a détruit la mort et est ressuscité. C’est la réalisation d’une promesse annoncée par un psaume :
« La pierre que les bâtisseurs avaient rejetée est devenue la pierre d’angle ». (Ps 117)
Après la guérison d’un infirme à la porte du Temple, saint Pierre est convoqué devant le grand conseil pour s’expliquer. Il n’hésite pas à dire aux chefs du peuple et aux anciens :
« Ce Jésus, il est la pierre que vous aviez rejetée, vous les bâtisseurs, et il est devenu la pierre d’angle. Son Nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver. » (Ac 4,8-12)
En lisant cet évangile, on pourrait bien penser à ces mots que saint Paul écrivait aux Corinthiens :
« Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes ni de gens puissants ou de haute naissance… ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est. » (1 Cor 1,26-28)
On sent bien que ces gens appelés par Dieu ressemblent à Jésus, ils sont comme la pierre rejetée. Pour réaliser son dessein de salut, le Bon Dieu passe souvent par ces gens qui n’ont pas de pedigree, pas de CV, et qui donnent de beaux témoignages.
Je vous lis le texte d’une jeune femme qui a écrit :
« Je crois bien que ce qui est vrai dans l’histoire universelle est aussi vrai dans ma petite histoire, dans mon petit monde intérieur.
Quelle est cette pierre que je rejette et qui devient par le fait même pierre angulaire?
Il me semble que ce que je rejette le plus, c’est la croix du Fils.
Je voudrais l’Amour sans la croix. Cela revient à dire que moi aussi je veux garder les fruits de la vigne qui m’est confiée.
Cette croix que je rejette sans cesse devient pourtant, je ne sais par quel mystère, ce qui rassemble en moi toutes les parties dispersées. »
