Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 5 mars 2024 – Matthieu 18, 21-35
Dans cet évangile que nous venons d’entendre, on se doit de remarquer que Jésus nous invite à pardonner, pas un petit peu, pas de temps en temps, mais toujours. Et pour nous aider à comprendre, il nous raconte une parabole qui nous fait voir la démesure entre la miséricorde accordée par le roi et le serviteur qui ne réussit pas à pardonner.
Ce serviteur avait une dette incroyable, soixante millions de pièces d’argent, l’équivalent à l’époque de Jésus de soixante millions de journées de travail. Mais comme il n’avait pas de quoi rembourser, il demande à son maître un peu de patience et un peu de temps. Mais son maître « saisi de compassion », non seulement le laisse partir, mais lui remet sa dette.
Remarquons bien que le roi de la parabole accorde bien plus à son serviteur que celui-ci lui demandait.
Ce serviteur à qui son maître avait remis une dette incroyable n’a même pas pensé à le remercier.
En sortant, il trouve un compagnon, se jette sur lui pour l’étrangler alors que celui-ci ne lui devait qu’une somme insignifiante.
Il a complètement oublié la gratuité dont il venait de bénéficier.
Jésus nous raconte une parabole qui nous fait voir
la démesure entre la miséricorde accordée par le roi
et le serviteur qui ne réussit pas à pardonner.
Qu’est-ce que nous devons retenir de cette parabole ?
Nous les disciples de Jésus, il ne faut pas oublier que nous avons bénéficié de la grâce de Dieu, du don que le Père nous a fait en nous donnant son Fils Jésus.
Et non seulement il faut chercher à le remercier, mais ça devrait nous conduire à un pardon inconditionnel envers nos frères et nos sœurs, quelle que soit leur dette avec nous.
« C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »
Je termine par une prière.
« Seigneur,
aide-nous à nous engager sur ce chemin de la miséricorde.
Puissions-nous recevoir chacune des offenses
qui nous sont faites comme autant d’occasions de témoigner
par notre pardon de quel amour tu nous as aimé,
de quelle dette tu nous as acquittés
et de quelle liberté nous jouissons désormais. »
