Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 16 février 2024 – Jeudi des cendres – Psaume 50
« Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé. »
Ce refrain du psaume 50 que nous venons de prier est le chant du pécheur et du pardon; il est une méditation profonde sur la faute et sur la grâce. Il est la prière de nombreuses personnes qui la disent comme un soupir de repentir et d’espérance adressé à Dieu miséricordieux.
C’est une prière très répétée. Nous l’avons déjà dite le mercredi des cendres, nous la reprenons aujourd’hui et nous le reprendrons encore pendant ce carême.
La tradition juive place ce psaume sur les lèvres du roi David. Il n’y a pas longtemps, dans une lecture, grâce au prophète Nathan, nous avons compris que David a pris conscience de sa triple faute : l’adultère parce qu’il a couché avec une femme mariée, le viol parce qu’il l’a forcée à le faire, et l’assassinat parce qu’il a pris des dispositions pour tuer le mari de Bethsabée.
Il s’enfonce alors dans le regret et implore le pardon de son Dieu qu’il avait servi de son mieux. Sa contrition est tellement profonde et sincère qu’il finira par obtenir son pardon. C’est un merveilleux exemple de la miséricorde de Dieu pour un homme fautif d’un péché grave.
Pas étonnant que ce psaume soit une prière célèbre que nous avons besoin de répéter souvent.
« Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé. »
Ce matin, je voudrais relever une autre compréhension de ce refrain.
C’est vrai que nous péchons tous à un moment ou l’autre de notre vie, et que nous avons besoin de prier ce psaume, c’est indéniable.
Mais il peut arriver aussi que des personnes aient le cœur brisé et broyé sans avoir commis de péché.
Bien souvent, les personnes les plus pures, les plus saintes sont persécutées par leur entourage.
C’est le cas des saints.
On peut penser à ces femmes dévouées mariées à un conjoint qui les maltraite;
on peut penser à ces personnes qui ont servi une organisation de leur mieux et qui sont parfois abandonnées à des gens sans scrupule qui ne cherchent que leur intérêt;
on peut penser à toutes ces victimes innocentes tombées aux griffes de personnes violentes.
Et il y en a bien d’autres.
Il y a des gens qui ont le cœur brisé et broyé pas seulement à cause de leur faute,
mais à cause de la faute des autres qui n’ont pas manqué de les persécuter.
Il convient, bien sûr d’attirer la miséricorde du Seigneur sur nous,
mais aussi d’appeler la bonté du Seigneur sur ceux qui souffrent à cause de la faute des autres,
car il ne repousse pas un cœur brisé et broyé.
