Mgr J-C. Dufour – 14 février 2024 – Mercredi des cendres – Matthieu 6, 1-6.16-18

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 14 février 2024 – Mercredi des cendres – Matthieu 6, 1-6.16-18

 

Je m’arrête seulement sur la première exhortation de Jésus quand il nous dit :
« Ainsi, quand tu fais l’aumône. »

Ça vous surprend peut-être un peu.  Quand on parle d’aumône, on pense surtout à l’argent. Mais, rappelons-nous que le sens premier de l’aumône, c’est de donner, de se donner.  Jésus nous invite toujours à avoir de la charité pour les autres;  il nous invite toujours à l’amour du prochain;  il nous invite au partage.

Mais pourquoi Jésus nous invite-t-il à partager?

Les enfants nous diraient : « C’est parce qu’il faut être gentils. »
Les adultes  pourraient nous répondre que sans partage, c’est l’humanité qui courrait à la ruine.
Jésus nous invite à partager pas pour obtenir la gloire qui vient des hommes, mais la gloire de Dieu.
Rappelons-nous des mots de saint Paul : « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie.  Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps. »  Ça veut dire que le partage nous amène bien loin,  c’est un chemin nécessaire pour devenir ensemble le Corps du Christ

« Vous êtes le Corps du Christ. »

C’est toute une affirmation qui nous invite à prier et à regarder Jésus.  Regardons Jésus, lors de la multiplication des pains partager le pain et les petits poissons.
Regardons Jésus qui, après sa résurrection, sur le rivage, refait un geste de partage.
Regardons Jésus, dépouillé de ses vêtements qu’on se partage, en les tirant au sort.
Écoutons Jésus nous raconter la parabole de l’enfant prodigue où le père, image de notre Père, partage son avoir entre ses deux fils.

Qu’est-ce que nous pouvons partager?

Regardons ces scènes ou Jésus parle de celui qui a deux tuniques,
de celui qui te réclame ton manteau.
Pensons à son émerveillement devant la pauvre veuve qui dépose tout ce qu’elle avait pour vivre dans le tronc du Temple.

On ne peut pas s’arrêter là!
Avons-nous déjà pensé que nous pouvons aussi  partager notre temps?

Pensons au temps que Jésus a donné pour écouter l’autre, qu’il s’appelle Nicodème, Zachée ou la Samaritaine.
Pensons à ce conseil que Jésus donnait dans le Sermon sur la Montagne : « Si quelqu’un te presse de faire mille pas, fais en deux mille avec lui. »
Le temps aussi, c’est un cadeau de Dieu, reçu pour être partagé.

Il ne faut pas s’arrêter là non plus!
Avons-nous déjà pensé que nous pouvions partager ce que nous sommes :

partager nos richesses comme nos pauvretés,
nos rires comme nos larmes,
nos questions comme nos réponses,
nos compétences comme nos  incompétences.
On a beaucoup à partager, à se faire du souci pour l’autre.

Avec avec qui pouvons-nous partager?

Vous vous rappelez de cet évangile où un homme vient demander à Jésus « Et, qui est mon prochain? »
Le voyageur blessé sur la route de Jéricho était le prochain du prêtre, du lévite et du samaritain.  Mais, seul le samaritain, a su organiser son temps pour être proche de l’homme blessé.
Jésus lui avait posé une autre question : « Qui s’est fait le prochain de l’autre?

En ce premier jour du carême, il est bon que Jésus nous remette devant le premier commandement.

Il nous invite à prendre le temps de nous mettre au service de Dieu et des autres.
Il nous invite à prendre le temps d’aimer, de partager,
pour devenir ensemble le Corps du Christ, rien de moins.

 

Bon et fructueux Carême 2024