Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 16 janvier 2024 – Marc 2, 23-28
J’ai le goût de commencer aujourd’hui en nous posant des questions.
Voulez-vous me dire qu’est-ce qu’il a pris à Jésus de marcher à travers les champs de blé?
Il y avait pourtant d’autres chemins qui allaient de village en village?
Saint Marc nous présentera souvent un Jésus qui ne cesse pas de prendre des chemins inattendus.
Dans quel but les disciples se mettent-ils à arracher des épis?
Parce qu’ils ont faim, parce qu’ils veulent faire une provision de nourriture?
Saint Marc ne nous donne aucune raison. Mais on sait qu’ils viennent de prendre un copieux repas chez Matthieu que Jésus a appelé à le suivre.
Qu’est-ce qu’on reproche aux disciples?
On sait que les pharisiens suivent Jésus et ses disciples à la trace. Ils épient leurs moindres gestes pour pouvoir les dénoncer et leur enlever tout le crédit qu’ils peuvent avoir auprès des gens.
Il y a une chose qui est certaine. Jésus n’adresse aucun reproche à ses disciples. Il endosse l’entière responsabilité de leurs actes.
Jésus dénonce la rigueur des pharisiens. On le voit plusieurs fois dans l’évangile.
Pour lui, par exemple, la vie a priorité sur le sabbat. On le voit chaque fois qu’il fait des guérisons le jour du sabbat.
Chaque fois, les gens rendent gloire à Dieu.
C’est le but premier du sabbat, rendre gloire à Dieu, un temps pour se mettre à l’écoute de son créateur.
Mais, dans l’évangile aujourd’hui, il y a quelque chose de plus profond.
Au temps du prêtre Abiathar, les compagnons de David mangent ce qui est interdit, pourtant ils ne sont pas responsables parce qu’ils agissent sous l’autorité du roi David.
Même chose pour les compagnons de Jésus, ils ne sont pas responsables, en raison de l’autorité de Jésus, le Christ, le Fils de Dieu.
À première vue, les pharisiens s’en prennent aux disciples de Jésus, mais au fond, c’est à Jésus lui-même qu’ils s’en prennent, à sa souveraineté, au fait que Jésus se déclare maître du sabbat, et donc Dieu lui-même.
