Mgr J-C. Dufour – 12 janvier 2024 – Ste Marguerite Bourgeoys – Jean 15, 9-17

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 12 janvier 2024 – Ste Marguerite Bourgeoys – Jean 15, 9-17

 

Je pourrais bien ce matin vous parler des œuvres de sainte Marguerite Bourgeoys et me contenter ainsi d’un regard purement historique.  Mais, je vous propose de regarder cette sainte de chez nous dans son regard intérieur.

Un jour, elle participe à une procession de l’honneur de Notre-Dame-du-Rosaire.  Ce jour-là, sa vie paisible est transformée par une grâce particulière, une conversion dit-elle.  Alors elle désire se consacrer à Dieu dans une communauté religieuse, mais des refus étranges d’admission dans des communautés contemplatives la laissent disponible pour la Nouvelle France.

Elle s’embarque pour le Canada en 1653.  Mais elle retourne souvent en France pour recruter des jeunes femmes pour la seconder et l’aider dans l’éducation des jeunes.  Sa présence sur les bateaux était déjà toute une prédication entraînant des conversions puisque, dit-on : « ils étaient changés comme le linge qu’on met à la lessive ».

Elle est marquée par la vie de Marie, particulièrement par deux événements qui nous sont rapportés dans les évangiles : d’abord par la visite de Marie à sa cousine Élisabeth enceinte, puis par sa présence au milieu des apôtres au moment de la Pentecôte.
Visiter, aller à la rencontre, être à l’écoute, accueillir les autres, tel est le charisme qu’elle a voulu léguer.
Pour elle, Marie est devenue un modèle d’engagement marqué par la visitation, la compassion et la solidarité avec les personnes appauvries, exclues ou opprimées.
Pour elle « La règle de la charité est celle que la Sainte Vierge a prescrite à tous ceux qui ont eu l’honneur d’être à sa suite. »

Il y a des points communs entre cette petite communauté naissante et celle des Servantes de Jésus Marie.
Les filles de Marguerite Bourgeoys reconnaissent Marie comme leur mère et protectrice; elles récitent le chapelet en remerciant Dieu pour les faveurs qui leur sont faites, accordent beaucoup d’importance à l’adoration eucharistique, adorant Jésus présent dans le tabernacle de leur chapelle.
Le nom de religieuse de Marguerite Bourgeoys était sœur Marguerite du Saint-Sacrement.
C’est dans sa dévotion mariale et son amour de l’Eucharistie qu’elle puisait la force nécessaire pour poursuivre sa mission d’évangélisation, enseignant que la prière doit partir du cœur comme de son centre.

Dans son testament spirituel rédigé deux ans avant sa mort, elle écrit :

« Il est vrai que tout ce que j’ai toujours le plus désiré, et que je souhaite encore le plus ardemment, c’est que le grand précepte de l’amour de Dieu par-dessus toutes choses et du prochain comme soi-même soit gravé dans tous les cœurs ».

Cette femme qui voulait que sa communauté suive Jésus « dans sa vie étrette » (ce sont ses propres mots), c’est-à-dire dans sa vie humble et pauvre, nous inspire confiance, amour et don de soi.