Mgr J-C. Dufour – 8 janvier 2024 – Baptême du Seigneur – B – Marc 1, 7-11

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 8 janvier 2024 – Baptême du Seigneur – B,  Marc 1, 7-11

 

On vient de célébrer la naissance de Jésus et une douzaine de jours plus tard, on célèbre son baptême à l’âge de 30 ans.
Ça signifie qu’on ne sait pas grande chose de l’enfance de Jésus.
On voit bien que ce qui intéresse saint Marc, c’est Jésus adulte, ce qu’il a été pour les hommes et les femmes de son temps, sa relation avec Dieu, sa mission.

Aujourd’hui, l’Évangile nous dit que Jésus vient au Jourdain, où Jean Baptiste, baptisait.  Il est un homme parmi les autres.  Est-ce que Jean Baptiste a reconnu son cousin ?  Peut-être.  On sait qu’il attendait la venue d’un plus puissant que lui.
Pourtant, alors qu’il est en prison, il enverra de ses disciples demander à Jésus : es-tu celui qui doit venir ou devrons-nous en attendre un autre ?

Il y a des milliers d’années, le prophète Isaïe traduisait toute l’espérance de son peuple en disant : « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes seraient ébranlées devant ta face » (Isaïe 63,19.  Autrement dit si Dieu nous revenait, s’il nous parlait, si nous pouvions revivre en sa présence.
Combien de fois, nous-mêmes, dans des moments difficiles, n’avons-nous pas souhaité que le ciel se déchire, que Dieu revienne et qu’il se fasse tout proche de nous

Saint Marc vient nous dire que l’espérance du prophète Isaïe se réalise dans la personne de Jésus.
En quelques mots bien ramassés, il concentre notre regard sur Jésus en nous disant : « En remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. »
Marc nous dit que le ciel s’est déchiré pour un homme que Dieu a envoyé, que le ciel s’est déchiré pour son propre Fils, Jésus-Christ, que celui-ci est sorti du ciel pour nous, et que c’est en lui que nous pouvons trouver le sens de notre existence.

Il vit l’Esprit descendre sur lui. L’Esprit de Dieu, c’est la force du changement, c’est une puissance de transfiguration, une source de vie.
L’Esprit de Dieu, c’est le désert qui devient jardin, l’eau morte qui devient source vive, fontaine jaillissante.

« Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Dieu prend en main la vie de son Fils.  Son amour est si grand pour lui qu’il saura même transformer la mort en vie nouvelle. En lui seront bénies toutes les races de la terre.
Comme on disait dans une Préface dans le temps de Noël, « Il devient tellement l’un de nous que nous devenons éternels. »  Nous sommes fils et filles du Père avec lui, aimé comme lui est aimé.
Après 30 ans de maturation, de prières, de réflexion, de méditation, Jésus se présente au baptême de Jean-Baptiste.  Il vient dire à son Père : « Je suis prêt, l’heure est venue, que ta volonté soit faite, je suis d’accord pour prendre la mission que tu veux me confier », et le Père lui répond : « tu es mon fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Aujourd’hui, jour du Baptême de Jésus,
nous avons l’occasion de renouveler le sens de notre baptême en profondeur, de prendre conscience que ce qui a été déposé en germe en nous le jour de notre baptême doit s’épanouir dans une adhésion fondamentale à Dieu, une adhésion réfléchie, lucide, volontaire et qui engage notre vie.
Nous avons l’occasion de dire comme Jésus :
« Père me voici, je suis prêt, je suis d’accord pour accepter la mission que tu me confies. »


Soyons fiers de cette alliance, de cet échange, fiers d’être des baptisés, de pouvoir connaître Jésus.