Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 13 décembre 2023 – Sainte Lucie – Matthieu 11, -30
« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples » : c’est ce que nous demande Jésus.
Le joug est une pièce de bois utilisée pour atteler les animaux. Ça permettait d’orienter leurs efforts, de leur donner de la force, de rendre leur pouvoir plus efficace. Ça veut dire que ce n’est pas un signe d’un asservissement, mais plutôt un signe d’efficacité et d’économie d’effort.
Prendre le joug du Seigneur, c’est devenir son disciple, marcher à la suite du maître.
Prendre le joug du Seigneur, c’est agir comme lui, passer de la peur à la confiance, de l’oppression à la liberté, du jugement à la compréhension.
Saint François disait que le Seigneur suspend à notre cou un joug qui est léger à porter, celui que saint Augustin appelle la charité.
« Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger. »
Le fardeau, on connaît ça ! Nous sommes souvent fatigués, par le travail, le chagrin, la douleur, l’inquiétude, ce n’est pas seulement une fatigue physique, mais également morale, une fatigue de l’âme. En plus, souvent nous nous chargeons du fardeau de notre entourage.
« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples. » C’est tout un projet de l’Avent.
Nous fêtons aujourd’hui sainte Lucie, vierge et martyre.
Elle avait pris le joug de Jésus et elle était devenue sa disciple. Comme le disait la première lecture : « Ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles ; ils déploient comme des ailes d’aigles ». C’était très clair quand elle disait à son juge :
« Toi tu gardes les volontés de tes princes et moi j’observe nuit et jour les volontés de mon Dieu…
Toi tu désires leur plaire et moi je n’ai d’autre ambition que de plaire au Christ seul.
Fais donc ce qui te semble utile et moi je ferai ce qui sera utile au salut de mon âme ».
Tant qu’elle vécut, elle garda sa lampe allumée pour aller au-devant de l’Époux et, conduite à la mort pour le Christ, elle mérita d’entrer avec lui dans la salle des noces et de posséder la lumière qui n’a pas de fin.
Son culte gagna la suède où la fête de la Lumière a été remplacée par celle de sainte Lucie. C’est vrai que son nom évoque la lumière ! Aussi, on disait :
« avec elle les jours diminuent, voici une sainte de la lumière ».
