Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 11 décembre 2023 – Luc 5, 17-26
« Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie. »,
nous disait le prophète Isaïe. Il faut savoir que le prophète Isaïe s’adresse à son peuple en captivité à Babylone.
Il l’invite à se réjouir. Mais comment ce peuple pouvait-il se réjouir alors qu’il est en terre d’exil ?
À la suite du prophète, c’est l’Église qui nous invite aujourd’hui à nous réjouir.
On ne peut pas dire que ça va au mieux dans notre monde : nous vivons des changements climatiques, des guerres, des conflits de toute sorte.
Dans nos familles, la paix et la réconciliation tardent parfois à venir.
Dans nos vies nous connaissons souvent des crises et des inquiétudes.
On réalise que les relations humaines sont souvent marquées par des luttes et des manques d’amour.
C’est la même question qui se pose, pouvons-nous vraiment nous réjouir ?
Écoutons le prophète qui vient nous dire aujourd’hui :
« Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu, c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et il va vous sauver. »
Le prophète est convaincu que Dieu ne peut accepter plus longtemps les douleurs et les peines de son peuple en exil. Il veut le libérer, le relever.
La vengeance du Seigneur, c’est donc la promesse de notre salut.
La revanche de Dieu, c’est l’amour qui s’incarne, c’est Jésus qui vient affronter le mal, qui descend dans l’arène du monde et livre bataille contre tout ce qui détruit le cœur de l’homme et son bonheur.
Non, les effets de la bataille ne sont pas encore complets, ne sont pas encore visibles, visibles, mais la promesse est faite. Retenons ces mots comme un encouragement de Dieu pour chacun de nous.
SA VICTOIRE DE LA MISÉRICORDE SERA LA PLUS BELLE DES REVANCHES.
Contrairement aux scribes et aux pharisiens, le pauvre paralysé de l’évangile a pu constater dans sa vie quelle est la vengeance de notre Dieu.
Sans qu’il le demande, le paralysé fait d’abord l’expérience du pardon, la première blessure de la création. Ensuite, il fait l’expérience de la guérison.
On comprend qu’« Il s’en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu. »
On comprend que « tous furent remplis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu. Remplis de crainte, ils disaient : « Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui. » Ils voyaient que l’annonce du prophète Isaïe était en train de se réaliser :
« C’est la vengeance qui vient, la revanche de notre Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. »
