Mgr J-C. Dufour – 4 décembre 2023 – Matthieu 8, 5-11

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 4 décembre 2023 – Matthieu 8, 5-11

 

Vous connaissez très bien ce centurion, sa charité envers son serviteur et sa foi extraordinaire.  Mais, ce matin, je veux m’arrêter sur une parole de Jésus qui lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. »  C’est une parole toute simple, mais plus je la médite, plus elle m’apparaît profonde.

Il faut se laisser surprendre par cette réponse de Jésus au centurion, réponse si simple, si directe, si accueillante de Jésus.  Cette petite phrase nous dit l’amour, la charité, la délicatesse et la disponibilité de Jésus dont le cœur est prompt à servir, à soulager et à guérir.
En effet, n’est-ce pas le désir profond de Dieu de venir habiter chacun et chacune de nous, de faire de nous sa maison.
N’est-il pas l’Emmanuel, Dieu-avec-nous ?
Je pense que cette petite phrase correspond à l’être profond de Jésus, à l’être profond de Dieu lui-même.

Déjà, on pouvait le pressentir au livre de la Genèse quand Dieu dit : « Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous, avec votre descendance après vous. »  Déjà le désir de Dieu de se faire proche de nous, de venir nous habiter.

On peut voir dans le serviteur malade le symbole de l’humanité blessée.
Devant cette réalité, les prophètes n’ont cessé de répéter ce désir de Dieu, de nous sauver, de nous annoncer un messie qui viendrait lui-même nous guérir et nous sauver, d’être avec nous.  C’est l’espérance que nous virons pendant ce temps de l’Avent.

J’ai dit tantôt que cette petite phrase correspond à l’être profond de Jésus.
En voyant la situation de l’humanité, il me semble que Jésus a dit à son Père, « Je vais aller moi-même les guérir ».  « Je suis prêt à descendre vers les hommes, à prendre chair dans la femme qui le voudra, à me faire l’un deux, même le dernier de tous, le plus pauvre, pour aller les guérir.   Ils sont esclaves, je suis prêt à me faire petit, humble, pour les guérir, les libérer. »

Saint Paul, en parlant de Jésus, disait aux Philippiens : « ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. » (Philippiens 2:6-8)
Voilà ce que Jésus a fait en voulant lui-même nous guérir.  C’est à retenir pendant de temps de l’Avent.

« Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. »
Le Seigneur est prêt aussi à venir lui-même en personne prendre soin de mes besoins, de mes amis.
Moi, avec mes peurs, mes raisonnements, mon impression de ne pas être digne, je mets un obstacle à Dieu.
Mais soudain, j’entends sa réponse.  Non seulement il est prêt à m’aider, mais il veut venir lui-même. Il veut venir chez moi, il veut venir soigner les miens.

Il le fait d’une manière spéciale ce matin. Le centurion a laissé une trace indélébile dans la liturgie.  À chaque messe, nous rappelons sa parole :

« Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri. »