Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 17 novembre 2023 – Sainte Élisabeth de Hongrie
Il n’y a pas si longtemps nous avons entendu Jésus répondre à un pharisien lui demandant quel était le plus grand commandement.
C’était l’amour de Dieu et du prochain. Aujourd’hui, à quelqu’un qui nous poserait une telle question, on pourrait répondre : « regarde cette jeune reine, sainte Élisabeth de Hongrie et tu auras la réponse parfaite à ta question. »
Cette jeune reine décide de vivre l’idéal des franciscains, de renoncer à une vie de luxe et de frivolité pour se mettre au service des pauvres. Sa piété la fait juger extravagante voire indigne par la cour et notamment sa belle-mère, Sophie. Ainsi, entrant dans une église, la jeune souveraine dépose sa couronne au pied de la croix; sa belle-mère la critique et lui fait remarquer publiquement que son attitude est indigne d’une princesse. Élisabeth lui rétorque qu’elle ne saurait porter une couronne d’or quand son Dieu porte une couronne d’épines.
Quand elle était encore reine, Élisabeth visitait régulièrement les malades et transformait parfois même son château en hôpital, pendant les guerres. À la fin de sa vie, elle fait construire un hôpital pour accueillir les pauvres et les malades. Elle y passe les trois dernières années de sa vie, nourrissant les affamés, servant les malades et veillant les mourants.
On dit que son amour de Dieu et du prochain était tellement grand qu’il aurait fallu beaucoup de livres pour les décrire toutes.
Un jour qu’elle descendait, accompagnée d’une de ses suivantes favorites, par un petit chemin très-rude que l’on montre encore, portant dans les pans de son manteau du pain, de la viande, des œufs et d’autres mets, pour les distribuer aux pauvres, elle se trouva tout à coup en face de son mari, qui revenait de la chasse. Étonné de la voir ainsi ployant sous le poids de son fardeau, il lui dit : Voyons ce que vous portez; et en même temps il ouvrit malgré elle le manteau qu’elle serrait tout effrayée contre sa poitrine; mais il n’y avait plus que des roses blanches et rouges, les plus belles qu’il eût vues de sa vie. Cela le surprit d’autant plus que ce n’était pas la saison des fleurs.
Aussi, il leur dit un jour : « Chère Élisabeth, c’est le Christ que tu as lavé, nourri et dont tu as pris soin ».
Ce n’est pas pour rien que dans la prière sur les offrandes nous nous rappelons l’œuvre d’amour infinie accomplie par ton Fils et de nous donner d’être affermis dans notre amour pour toi et pour notre prochain.
Ce n’est pas pour rien que nous avons demandé dans la prière d’ouverture de reconnaître et de vénérer le Christ dans les pauvres, de lui demander de servir avec une inépuisable charité ceux qui sont dans le besoin et dans l’épreuve.
Ce n’est pour rien que dans la prière après la communion nous avons demandé de suivre les exemples de saint Élisabeth de Hongrie qui te manifesta un attachement indéfectible et servir avec une charité sans limites.
