Mgr J-C. Dufour – 27 octobre 2023 – Luc 12, 54-59

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 27 octobre 2023 – Luc 12, 54-59

On pourrait bien penser que Joseph, le papa de Jésus a appris à son petit gars comment « juger l’aspect de la terre et du ciel », comment savoir s’il va pleuvoir ou s’il va faire beau le lendemain.
Mais, à l’âge adulte, Jésus passe à un autre niveau et s’étonne de voir que ses contemporains ne savent pas lire les signes des temps. Aussi, il n’y va pas avec le dos de la cuillère quand il leur demande de faire fonctionner leur jugeote. S’il est capable de savoir s’il va pleuvoir ou faire beau le lendemain, ils devraient être en mesure de juger le temps de leur époque.
Pourquoi le sens des événements leur échappe-t-il encore ?
Le temps où nous sommes, pourquoi ne savez-vous pas le juger ? »
Pourquoi ne voyons-nous pas les signes de la présence du Christ ?
Sa Parole et ses miracles accomplis depuis son entrée dans le monde ?

Aujourd’hui encore, c’est à nous que cette question s’adresse.
Jésus nous invite à observer les signes, non pas dans le ciel, mais dans notre monde, dans toutes les réalités humaines :
dans les tribulations, les détresses, dans les solidarités, les réconciliations, la paix…
Il s’agit de lever les yeux et d’examiner une réalité à la fois quotidienne et nouvelle pour l’interpréter et reconnaître en elle un signe de Dieu.

Le plus grand signe que Dieu nous donne, c’est le frère, la sœur.
C’est avec le frère, la sœur que nous sommes appelés à chercher la vérité, à chercher Celui qui a dit : « Je suis la Vérité, le Chemin et la vie ».
C’est dans le frère, la sœur, que le mystère de Dieu se donne à nous. « Pendant que tu es en chemin mets tout en œuvre pour t’arranger avec lui afin d’éviter qu’il ne te traîne devant le juge. »
C’est ton frère, ta sœur qui attend chaque jour ta décision : l’accueillir ou demeurer sourds et aveugles, l’ignorer ou rester indifférents à sa présence.

Dans notre monde, dans notre vie de chaque jour, combien de personnes frappent à notre porte ?
Que de souffrances, de violence et de tristesse ?
Que de personnes affamées et assoiffées, par seulement de pain et d’eau, mais d’une présence, d’un regard compatissant, d’un sourire, d’un « Christ » ici et maintenant.

Le cri du Christ sur la Croix ne cesse de retentir dans notre monde :
« J’ai soif », « Donnez-moi à boire. »