Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 6 octobre 2023 – Bse Marie-Rose Durocher – Jean 15, 1-8
Toujours belle l’image de la vigne!
Cette plante complexe et fragile qui demande beaucoup de soins! On dit que les propriétaires de vigne sont des passionnés pour leur vigne, qu’ils en prennent un soin jaloux avec beaucoup d’amour, d’énergie et d’attention.
Cette image de la vigne, si elle exprimait parfois des déceptions, nous raconte une longue liste d’histoire d’amour et de soins, d’espoir et de larmes, de fierté et de tendresse, de patience et de miséricorde, entre Dieu et son peuple. Une histoire d’amour qui prend toute sa force dans la personne du Christ qui se décrit lui-même dans l’évangile comme la vraie vigne dont le Père est le vigneron.
Et nous, nous sommes les sarments de cette vigne, les membres vivants appelés à demeurer dans le Christ comme Lui demeure en nous, pour qu’arrivent tous les fruits attendus.
Il me semble que la première chose que Jésus vient nous révéler dans l’évangile de ce matin, c’est toute la profondeur des liens qui nous unissent à lui, profondeur qui est la vie même de Dieu en nous! « Moi, je suis la vigne, et vous les sarments ».
La vigne a besoin des sarments pour produire du fruit, et les sarments ont besoin de la vigne pour être nourris d’une sève toujours nouvelle, celle de l’Esprit qui passe en nous. C’est à la fois une révélation extraordinaire et un grand défi à relever, celui de produire les fruits attendus.
Heureusement, la vigne n’est pas laissée à elle-même.
Jésus vient nous dire que produire du fruit, ça dépend aussi du vigneron qui est toujours à l’œuvre : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu’il en donne davantage. »
Il travaille, le vigneron. Il ne néglige rien; son seul but, c’est que les sarments de la vigne aient toujours plus de vie, produisent plus de fruits.
Nous sommes entre les mains du vigneron, d’un Père qui nous aime, qui vient nous libérer, nous dégager pour que nous produisions les fruits attendus.
« Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous donniez beaucoup de fruits. » Ce qui fait la gloire du Père… donner beaucoup de fruits! Une belle insistance!
Jésus ne dit rien des fruits attendus, mais nous pouvons comprendre que c’est tout ce qui nous fait vivre et aimer, l’amitié, l’amour, la paix, la communion.
On en a un bel exemple dans la bienheureuse Marie-Rose Durocher que nous fêtons aujourd’hui.
L’évêque de Montréal à l’époque, Mgr Bourget, dira d’elle « La charité fût sa vertu favorite ». Ou encore : « Sa charité active et sa détermination lui inspirent de fonder une congrégation à laquelle elle inculque un esprit de partage « avant tout pour les âmes les plus abandonnées. »
« Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous donniez beaucoup de fruits. »
Ce qui est beau, c’est qu’avec Jésus, nous avons tous les moyens de le faire.
Rendons grâce au Seigneur pour cette Parole encourageante et remettons-lui, dans cette eucharistie, les derniers beaux fruits que nous avons produits.
