Notice de S. Marie Jeannine Fournier, sjm (S. St-Joseph-de-Rome)
« Une eau vive murmure en mon cœur : viens vers le Père. »
(St Ignace d’Antioche, 17 octobre)
« TA PAROLE ETAIT MON RAVISSEMENT ET L’ALLEGRESSE DE MON CŒUR. »
(Jér. 15, 16)
Notre chère sœur Marie-Jeannine naît à la vie d’ici-bas le 5 mai 1931 en la paroisse St-Édouard de Gentilly, comté de Nicolet, et entre dans la Vie trinitaire le jour même. Elle reçoit les noms de Marie, Annette, JEANNINE. Son père, M. Paul Fournier est sectionnaire (il réparait les voies ferrées). Dame Marie-Rose Soulard est la maman des sept enfants, dont un garçon et six filles ; cinq resteront vivants. Les parents
sont des gens simples, travaillants et pieux, soucieux de transmettre la foi en
héritage à leurs enfants.
À Noël, 25 décembre 1937, Jeannine reçoit son Jésus-Hostie pour la première fois, sans doute avec grande ferveur. L’Esprit la comble par l’effusion de ses dons, le
9 juin 1939.
Sœur Marie-Jeannine nous a laissé peu de choses de son enfance. En 1941, la généreuse maman rend sa belle âme à Dieu lors de la naissance du 7e enfant, qui partira avec elle. C’est la désolation pour le papa
et la chère famille. Jeannine, l’aînée, a dix ans. En 1948, afin de donner une maman
à ses enfants, M. Paul Fournier se marie en secondes noces. De cette union naquirent 10 enfants. Jeannine développe alors une tendre dévotion envers Marie qu’elle aime bien appeler Maman Marie. Presque toutes ses lettres en font mention.
Nous savons qu’elle fait ses études à l’externat et au juvénat des sœurs Grises de Nicolet jusqu’à la neuvième année, suivi de
cours d’infirmière auxiliaire. Intelligente, talentueuse, elle dut bien réussir en classe.
Jeannine dit songer à la vie religieuse depuis son jeune âge. Elle aime les Sœurs Grises de Nicolet. De 14 à 16 ans, elle est au
juvénat où un saint aumônier sait communiquer son amour du Cœur de Jésus, sa dévotion à Jésus Prêtre et Hostie, sa dévotion
à Marie, la prière pour les prêtres, etc.. À 17 ans, en 1948, elle demande son admission au postulat. Elle y restera cinq mois.
Elle est une postulante vraiment accomplie, mais doit se retirer pour cause de santé.
Par le Prions en Église Jeannine reçoit l’information que les Pères Oblats donnent des cours d’orientation par correspondance.
C’est ainsi qu’elle apprend à connaître les Servantes de Jésus-Marie. Après plusieurs années de recherche, à 25 ans, elle y
demande son entrée. Elle écrit : « Le Cœur eucharistique de Jésus m’attire; pour les prêtres, j’offre tout ce que Papa Bon Dieu m’a confié, et de moi-même je ne retirerai rien de ce don total, je m’abandonne à son bon plaisir… »
Le St-Père Pie XII avait demandé aux communautés d’accepter des personnes infirmes, à titre de charité, pour avoir des vocations. Jeannine est admise malgré sa surdité, le 21 novembre 1956. Déjà, il avait été question d’accepter Melle Huguette Singcaster, aveugle. Sœur Marie-Jeannine écrit : « Quand je vois Huguette se promener sur le terrain du Sanctuaire, je viens le cœur mal,
car on m’a admise à sa place, comme sourde; elle, si fervente!
Sœur Jeannine entreprend ses années de formation. Elle revêt le saint Habit le 24 mai 1957 et reçoit le nom nouveau de
Saint-Joseph de Rome. À l’époque du concile, alors que nous en aurons la possibilité, elle reprendra son nom de baptême,
sœur Marie-Jeannine.
En mai 1959, l’Office National du Film tourne un film en vue de faire connaître notre Congrégation. Il y a beaucoup de sacrifices
à faire que nous acceptons en vue du bien que ce film pourra faire dans le monde. Celle qui en est touchée davantage est bien
notre sœur St-Joseph de Rome, car elle fut choisie pour en jouer le rôle principal. Ce ne fut pas la moindre épreuve de son temps
de formation.
Sa première profession a lieu le 24 mai 1959. Après quatre périodes de renouvellement, elle scelle son alliance définitive avec
l’époux le 24 mai 1963.
Notre sœur aura à changer de monastères à plusieurs reprises. Elle se dit disponible pour aller n’importe où, avec n’importe quelle mère-servante, n’importe quelles sœurs, pour faire n’importe quoi. Elle vit généreusement l’Ecce et le Fiat de Marie, sa bonne Maman.
Dans la communauté, elle exercera son dévouement comme infirmière, couturière, ménages, etc… Elle rendra aussi de bons
services ici et là.
Marie-Jeannine aime sa vocation d’adoratrice et de Servante de Jésus-Marie. Les occasions ne lui manquent pas de vivre son oblation. Visitée souvent par la maladie, elle garde confiance. La perte progressive de son ouïe lui est une grande épreuve lui suscitant parfois des incompréhensions qui lui sont sensibles. En octobre 1997, elle se sait atteinte de cancer et doit se
soumettre à des traitements de chimio et radiothérapie. En mars 2010, après une fracture à la hanche, elle doit subir une chirurgie.
Notre sœur s’alimente assidûment à la Sainte Écriture, privilégiant toujours les textes liturgiques. C’est là qu’elle trouve lumière
et force pour surmonter toutes les épreuves que la vie lui réserve. Elle écrit : « Mon idéal : aimer comme Jésus nous a aimées.
Voilà pourquoi je sais la prière sacerdotale par cœur, à force de la répéter. Mon cœur est trop sensible; seule la Parole de Dieu peut
le guérir. »
Notre sœur s’est toujours montrée très filiale envers ses mères-servantes, et reconnaissante pour la moindre attention qui lui
fut manifestée. Plusieurs de ses lettres en témoignent.
Elle reçoit l’obédience pour l’infirmerie communautaire, le 5 avril 2010. Les dernières années de sa vie sont une oblation vécue
au quotidien sous le regard maternel de notre Mère immaculée.
Jeudi, 17 octobre à 13h 40 à l’âge de 88 ans, l’Époux la cueille avec amour pour son Paradis de gloire.
La liturgie des funérailles est présidée par le Père Bernard Cantin, c.j.m., concélébrée par Mgr Jean-Charles Dufour, P.H. aumônier, jeudi 24 octobre 2019 à 13h.30. Une cousine, Mme Carmen Soulard et son époux Jacques représentent la famille.
Reposez en paix, chère Sœur Marie-Jeannine!

