Mgr J-C. Dufour – 4 septembre 2023 – Bse Dina Bélanger – Jean 15, 1-8

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 4 septembre 2023 – Bse Dina Bélanger – Jean 15, 1-8

 

On a à nouveau tout un choix de messes pour aujourd’hui : temps ordinaire, bienheureuse Dina Bélanger, fête du travail.
J’ai choisi la bienheureuse Dina Bélanger, une bienheureuse de chez nous.

Dina Bélanger arrive au monde à Québec.  Jeune étudiante, elle a du goût pour toutes les sciences, passionnée de l’art et du beau.   À 19 ans, elle s’inscrit au Conservatoire de musique de New-York où, pendant deux ans, elle fait des études supérieures de piano et d’harmonie.  De retour à Québec, elle donne des concerts.  Elle connaît des périodes d’épreuves, lutte contre sa nature prompte et colérique.   À 24 ans, elle entre chez les religieuses de Jésus-Marie, ses vœux perpétuels le 15 août 1928.  Le mois d’avril suivant, elle entre à l’infirmerie où elle décédera l’année suivante à l’âge de 32 ans, de la tuberculose comme plusieurs de vos sœurs.

Jésus vient de nous dire dans l’évangile : « Demeurez en moi, comme moi en vous. ».  Dieu est venu dans la vie concrète de Dina Bélanger.
Nous disons dans la préface de Noël « Maintenant, nous connaissons en lui (Jésus), Dieu qui s’est rendu visible à nos yeux. »
C’est ça la vie des saints,  c’est ça la vie de Dina Bélanger, c’est Dieu qui se fait connaître visiblement pour nous appeler à vivre de la vie divine.

On peut dire des saints qu’ils sont  des annonciateurs du Seigneur qui vient.
Très tôt dans sa vie, Dina Bélanger se trace un règlement de vie axée sur la prière, la messe, la communion, le chapelet et la méditation.  le Seigneur la conduit  au plus haut sommet de la vie mystique à tel point que sa supérieure lui demandera de faire le récit de ses expériences spirituelles.  L’attention continuelle à Dieu dans l’amour devient son unique emploi.  Son union à lui est si profonde qu’elle peut écrire : « Le Christ Jésus vit à ma place sur la terre.  Il s’est substitué à moi, et je ne suis plus rien. »  Elle rejoint ainsi la parole de l’Apôtre : « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi. »  On est encore au plein cœur de l’évangile.  « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit. »

Elle s’ouvre à une vie apostolique et missionnaire, offrant sa vie pour le monde en guerre.  Elle a faim de donner Jésus aux âmes, en particulier les âmes religieuses et sacerdotales.

Il y a quelques années, suite à un gros bon coup de vent, il y a une grosse branche qui est tombée sur le terrain de l’église à la Guadeloupe.
Ça n’a pas été long!  Dès le lendemain, les feuilles étaient toutes roulées, repliées sur elles-mêmes.  Il n’y avait plus de vie en elle.  Elle était devenue inutile!  On sait très bien que les branches portent du fruit quand elles peuvent recevoir du tronc la sève qui les fait vivre.
Les apôtres prennent conscience qu’ils portent du fruit,  parce qu’ils reçoivent leur vie de la sève de Jésus, parce qu’ils demeurent dans le Christ et que sa Parole demeure en eux.
Il en est de même pour nous!  La seule façon pour nous de produire des fruits d’Évangile, c’est de nous accrocher à Jésus.  « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire ».

Rendons grâce au Seigneur pour cette bienheureuse de chez nous qui, tout en étant une grande musicienne a reçu sa vie de la sève du Christ.
Par la nourriture que tu nous donnes Seigneur, malgré toutes les épreuves que nous pouvons vivre comme ton Fils, fais que nous ne cherchions à nous attacher à toi seul.  [1]

 

[1] Prière après la communion.