Témoignage de Denise Lavoie sur Soeur Mecthilde

Pour satisfaire aux nombreuses demandes qui nous sont faites, nous joignons à la biographie de notre bien-aimée Soeur Mechtilde, les nombreux témoignages qui ont été livrés par des personnes qui ont bénéficié de son attention et de sa sollicitude.

Cette page vous présente quelques extraits du témoigage de Mme Denise Lavoie. Comme pour la biographie de Soeur Mechtilde, le texte complet de 12 pages est disponible en PDF

Mme Denise Lavoie, auxiliaire franciscaine

Le témoignage le plus important que nous avons à livrer est celui de Mme Denise Lavoie, auxiliaire franciscaine, qui a accompagné Soeur Mechtilde dans ses sorties, dès l’âge de 9 ans, et ceci durant de nombreuses années. Mme Lavoie est décédée le 21 avril 2011.
(N.B. Ce témoignage, donné verbalement les 16 et 17 février 1985, fut relevé d’un enregistrement. Nous lui avons laissé toute sa spontanéité. Mme Lavoie est représentée sur la photo en tête de cette page)

Mme Lavoie raconte

Soeur Mechtilde a commencé à visiter les familles de la ville de Hull d’abord, d’Ottawa et des environs. Les premières années, quand elle passait dans les foyers, à certains endroits, elle était bien reçue, à d’autres, elle était mal reçue. Elle a souvent été refusée. Il y a certaines familles qui n’avaient pas du tout confiance en elle. Quand elle demandait de la nourriture pour la communauté ou pour les pauvres, on lui mettait de la mauvaise nourriture dans son sac. Elle revenait toujours avec un beau sourire, c’est ce qui a impressionné les gens.
L’argent qu’on lui donnait, elle ne le regardait pas, elle le mettait dans ses poches. Le soir, elle arrivait au bureau de l’économe générale, elle s’assoyait, prenait l’argent et disait : Cela, c’est M. Untel; cela, c’est Mme une telle, pour le luminaire. Il n’y avait absolument rien d’écrit. Elle avait toute une liste et n’avait pas regardé l’argent qu’on lui avait donné. Quand je vais chez les gens, me disait-elle, avant d’entrer, je demande toujours au St-Esprit de me dire ce qu’Il dirait, lui. Quand j’entrais dans une maison le mot d’entrée, c’était : Le Bon Dieu est tout-puissant…Et les gens ont commencé à lui confier des intentions. Ne vous inquiétez pas. Si vous faites ce que je vous demande, vous pouvez être sûre qu’il va y avoir du changement. Dites votre chapelet tous les jours. Avec la puissance du Bon Dieu, et avec la Ste-Vierge, tout va s’arranger! En effet, il y avait souvent du changement…

Une visite à l’hôpital

Je me rappelle qu’elle m’amenait à l’hôpital. Un jour, nous sommes arrivées chez une dame qui faisait une forte dépression nerveuse. Son mari était gravement alcoolique et de plus, sans emploi…
….Le lundi suivant, nous nous rendons au bureau du médecin :
– Ma sœur, avez-vous eu des nouvelles de la patiente que vous avez vue?
– Non, je ne suis pas retournée la voir?
– Je ne sais pas ce que vous lui avez fait, ce que vous lui avez dit. N’allez pas la voir à l’hôpital, allez la voir à sa maison. Elle est sortie de l’hôpital; il s’est produit un changement; je ne comprends plus rien!
– Si elle est sortie de l’hôpital, c’est la puissance du Bon Die; moi, je n’ai rien fait…
…Nous sommes allées voir la dame chez-elle…Quelques jours plus tard, le mari dit à Soeur Mechtilde:
– Ma sœur, je ne sais pas ce que vous m’avez fait; pour moi, c’est fini la boisson! Jamais de ma vie, je n’en prendrai! Cela fait 14 ans que je n’ai pas mis les pieds à l’église et que j’ai empêché ma femme d’y aller. Je vous dois encore beaucoup.
– Ce n’est pas moi, c’est la Sainte Vierge et la puissance du Bon Dieu; ce sont eux qui vous ont exaucé…
(Ce témoignage, guérison/convertion,est très long : il est raconté au complet sur les pages PDF)
Nous avons fait d’autres foyers; les gens nous accueillaient à bras ouverts, car au moment où je l’accompagnais, son nom était déjà fait.

Un emploi pour une famille de hull dans le besoin

Soeur Mechtilde arriva et elle demanda au monsieur ce qui n’allait pas. Il n’osait pas répondre et son épouse de dire :
– Il est découragé parce qu’il ne travaille pas; voulez-vous prier pour que mon mari se trouve un emploi?
Il n’avait plus confiance d’obtenir quelque chose.
Soeur Mechtilde leur dit :
– Le Bon Dieu est tout-puissant, tout ce qu’il fait, c’est bien fait; avec sa puissance, votre mari travaillera. Le Bon Dieu arrangera cela…
…Soeur Mechtilde, lui trouva très vite un travail qui devait durer les deux mois d’été… Il a duré 32 ans. L’employeur dit à S. Mecthilde : S’il a travaillé si longtemps, pour moi et sa famille, c’est grâce à vous :
– Ce n’est pas moi qui vous ai trouvé cet emploi, c’est le Bon Dieu, par l’intermédiaire de la Sainte Vierge, moi, je n’ai absolument rien fait…

J’ai visité des tavernes avec Soeur Mechtilde

Elle allait voir le propriétaire et elle faisait le tour des tables. On avait toujours des aumônes pour elle. Quand les hommes la voyaient arriver, ils disaient :
– Les gars, sortez de l’argent de vos poches.
Elle disait :
-Monsieur, combien de bouteilles de bière avez-vous bues depuis ce matin?
Quelques-uns disaient : une ; d’autres qui disaient jusqu’à quatre.
– Monsieur, vous allez me donner le montant de chaque bouteille que vous avez bue.
À ce moment-là, la bière coûtait 10 sous la bouteille.
– Ma sœur, je ne puis vous le donner, car je n’ai pas de monnaie; j’ai seulement une pièce de 50 sous.
Elle dit :
– Donnez-moi la pièce de 50 sous; les 40 sous, c’est pour la bière que vous avez bue; les 10 sous, c’est une bouteille de pourboire de prière pour être heureux plus tard.
Le monsieur de répondre :
– Elle a encore gagné!
Elle ajoutait :
– Le Bon Dieu est tout-puissant, tout ce qu’il fait est bien fait. Vous êtes généreux aujourd’hui, vous ne manquerez jamais de pain.

Visites dans les familles… Et beaucoup d’intentions confiées et exaucées

Quand elle entrait dans les familles et qu’il y avait des enfants, elle les embrassait tous et disait :
– Mes chers beaux petits enfants.
Elle aimait beaucoup les enfants, cela me faisait penser à Notre-Seigneur. Combien de faveurs a-t-elle obtenues et dont je n’ai pas eu connaissance, quand elle sortait seule.
J’ai vu des gens qui lui ont confié des maisons, des chalets d’été à acheter ou à vendre; dans très peu de temps, ils ont obtenu ce qu’ils désiraient. Encore une fois, Soeur Mechtilde disait:
– Ce n’est pas moi, c’est le Bon Dieu et la Sainte Vierge.
J’ai rencontré des religieuses qui sont dans la communauté et qui disaient que si elles étaient Servantes aujourd’hui, c’est grâce aux visites que Soeur Mechtilde faisait dans leur famille et grâce à l’exemple et aux prières qu’elle récitait.

Des randonnées de 5 milles et plus

Depuis un an, j’avais souvent fait des marches de 5 milles et plus par jour. Soeur Mechtilde me demandait :
– Es-tu fatiguée?
– Si vous, ma sœur, qui avez près de 70 ans, vous n’êtes pas fatiguée, pourquoi, moi, une petite fille de 10 ans,
je le serais?
Je me rappelle que lorsque je me rendais chez moi avec Soeur Mechtilde, quand elle se préparait à partir, maman disait :
– Ma sœur votre visite, c’est comme si vous m’aviez donné un tonique pour me faire oublier mes épreuves;
vous ne pouvez pas vous imaginer comme vous nous avez fait du bien.
Encore une fois, elle ajoutait à ma mère :
– Le Bon Dieu est tout-puissant, tout ce qu’il fait, c’est bien fait.
…Ma mère avait toujours une aumône pour elle. Soeur Mechtilde lui disait :
– Vous avez une grande famille, vous ne manquerez jamais de pain sur la table.
Quand j’accompagnais Soeur Mechtilde et que je voulais lui dire quelques mots, elle ne me répondait pas; je me penchais et je voyais qu’elle remuait les lèvres. Je me demandais ce qu’elle disait. Un bon jour, elle me déclara qu’elle priait pour sauver les âmes et pour les missionnaires, pour les empêcher de se décourager, de se séculariser…

Je lui doit ma vocation d’auxillaire franciscaine

Un jour, elle m’a conseillé d’entrer dans un Institut séculier, sous le patronage de St-François. À ce moment-là, elle n’en connaissait pas et moi non plus. Elle m’a dit que je ne finirais pas mon année comme bénévole à Montréal.
…Trois semaines plus tard, j’étais reçue postulante chez les Auxillaires Franciscaines…. J’ai fait un très beau postulat et un très beau noviciat. Novice, je suis venue la voir; elle avait 103 ans. Elle me demanda si j’étais heureuse.
Je répondis :
– Oui.
– Je lui ai demandé :
Prier pour que je fasse profession.
Elle m’a dit :
– Non, ma fille, je ne prierai pas pour que tu fasses profession; je vais prier pour que le désir de ton Père Fondateur et des autorités se réalise. Moi, quand j’étais novice, je désirais être cloîtrée. Notre Père Fondateur m’a demandé de passer de porte en porte pour demander des aumônes pour les œuvres de la communauté. C’est pour cela que j’ai le pressentiment que dans les environs de ta profession, ton Père Fondateur, avec les autorités, vont te demander de passer de porte en porte pour demander des abonnements à la revue et des aumônes pour les œuvres de ton Institut.
Il n’en avait jamais été question.
Avant de faire profession, le Père me fit venir à son bureau; il me demanda de passer de porte en porte, pour faire connaître notre revue et recueillir des abonnements. C’était le 3 mai 1971. Mon travail de propagandiste pour notre revue est dû à Soeur Mechtilde qui m’aide beaucoup.

Confidence de S. Mechtilde sur le frère André

Soeur Mechtilde m’a tellement parlé du Frère André. Quand elle a eu 103 ans, en 1971, et que je lui faisais une visite, elle me disait :
– Tu sais que je t’ai souvent raconté la vie du Frère André. Je vais te dire quelque chose : mon règne achève, toi, tu es toute jeune encore; peut-être, plus vite qu’on pense, tu verras le Frère André monter sur les autels. C’est un saint le Frère André. Je ne dis pas cela à personne tant que le Pape, lui-même, n’aura pas dévoilé sa vénération et sa béatification. C’est pour cela que j’ai toujours gardé cela secret jusque sa béatification.

Guérison de mon amie

Au cours d’une de ces visites, alors que j’étais novice dans notre Institut à Montréal, j’avais amené avec moi une amie et sa famille; une des filles avait des cataractes de naissance.
Celle-ci prit la manche de la robe de Soeur Mechtilde pour se frotter les yeux, ainsi qu’avec son crucifix, son chapelet et sa guimpe. Soeur Mechtilde posa la question :
– Qu’est-ce qu’elle fait là?
Je lui dis :
– Elle a des cataractes aux yeux et elle veut guérir. Sœur Mechtilde lui dit :
– Ma fille, si tu me promets de dire le chapelet tous les jours en l’honneur de la Sainte Vierge, avec la puissance du Bon Dieu, tes yeux guériront; tes cataractes s’en iront.
…Deux mois plus tard… La jeune fille dit : c’est Soeur Mechtilde qui m’a guérie, elle me l’avait promis.
Elle s’est mariée et elle a eu 2 enfants. Demeurant à Hull, tout près de chez ma soeur, un jour elle lui dit:
– Si j’ai de bons enfants et que je jouis de mes yeux, c’est grâce à Soeur Mechtilde….

Le soir de ses 103 ans, elle me fait une promesse

Le soir de ses 103 ans, le 28 octobre 1970, Soeur Mechtilde me disait :
– Le Bon Dieu est tout-puissant, tout ce qu’il fait est bien fait. Je vais te dire une phrase qui te servira quand tu passeras dans les foyers. Tu ne la diras pas partout, mais tu vas y penser partout où tu iras. Les gens où tu diras cette phrase, ce n’est pas eux qui auront besoin de l’entendre; tu n’auras pas la chance de la prononcer. Elle dit : – Tu ne peux pas parler du Bon Dieu à tout le monde, mais tu peux parler de tout le monde au Bon Dieu.
Le soir même, avant de la quitter, elle ajouta :
– Quand je serai dans l’autre monde, partout où tu iras, toutes les personnes et toutes les familles qui t’encourageront monétairement par l’abonnement à ta petite revue et qu’elles te confieront leurs intentions, à ta demande, je verserai dans ces familles-là, ces personnes-là, des faveurs bien spéciales…

La petite soeur aux chapelets

Un jour, une dame, qui avait obtenu une faveur, était allée faire un pèlerinage à Rome et était revenue de Rome avec 1200 chapelets bénits par le Pape Paul V1. Elle remit les chapelets à Soeur Mechtilde disant :
– Gardez-moi un chapelet et faites ce que vous voulez avec les autres.
En dedans d’un an, elle avait distribué ces 1200 chapelets et sur chaque chapelet qu’elle distribuait, elle récitait
un rosaire…

S. Mechtilde continue d’exaucer les demandes de prière

Beaucoup de gens ont encore des faveurs spéciales à obtenir; je prends leur nom et dépose cela aux pieds de la Sainte Vierge et je demande à Soeur Mechtilde d’exaucer toutes ces personnes-là.
Non seulement Soeur Mechtilde a obtenu beaucoup de faveurs dans le passé, mais elle continuera d’en obtenir encore. Je peux dire qu’elle a imité beaucoup sainte Thérèse; je crois qu’elle faisait comme elle; elle passait son ciel à faire du bien sur la terre.
Autrefois, Soeur Mechtilde exauçait des gens qu’elle connaissait. Aujourd’hui, je lui confie bien des gens qu’elle ne connaît pas; elle doit les voir du haut du Ciel puisqu’elle les exauce beaucoup sur la terre. J’ai eu le grand privilège de l’accompagner dans les familles durant 11 ans.
Même si je remerciais Dieu toute ma vie, ce ne serait jamais assez pour les faveurs qu’Il m’a faites, et surtout la faveur spéciale d’avoir suivi Soeur Mechtilde durant de longues années.

Centre Mechtilde à hull

À Hull, il y a une maison qui s’appelle le centre Mechtilde qui accueille les femmes et les enfants. Soeur Mechtilde aimait beaucoup aider les femmes et les enfants abandonnés; je suis sûre qu’elle continuera son œuvre. Le jour où je suis allée faire une visite, la directrice de cette maison devait aller voir afin de trouver une maison plus grande. Elle ne savait pas si sa demande serait acceptée. Je lui dis :
– Avec la puissance du Bon Dieu, de la Sainte Vierge et de Soeur Mechtilde cette maison sera acceptée.
Le lendemain, je téléphonai à cette dame et je lui demandai si la démarche effectuée au sujet de la maison avait été fructueuse. Elle demanda qui lui parlait. Je lui dis que j’avais si bien connu Soeur Mechtilde que j’étais assurée que le Bon Dieu, la Sainte Vierge et Soeur Mechtilde permettraient que cette maison soit acceptée. Elle me dit : – Je ne sais pas à qui je parle, mais comme vous avez l’air de la bien connaître et de l’aimer, je vais vous dire que, oui, depuis ce matin, on a appris la nouvelle que la demande au sujet de la maison a été acceptée.
– Et moi, je peux vous dire :
Cette maison sera bientôt habitée et remplie de femmes et d’enfants abandonnés le 21 mai.
Elle demanda :
– Pourquoi le 21 mai?
– C’est le jour du décès de Soeur Mechtilde, elle ne peut faire autrement que de vous exaucer.