Dans l’éternelle Présence

«Lève-toi, resplendis, car elle est venue ta lumière ! » – Liturgie de l’Épiphanie

Ses parents M. Pascale Carraturo et dame Concette Mennella sont nés en Italie, près de Naples. Comme beaucoup de leurs concitoyens, ils ont émigré aux États-Unis. Notre soeur, le premier fruit de leur union, est née le 23 octobre 1929 à St-Mary Star of the Sea, Brooklyn, New York. Elle devient l’enfant bien-aimée de Dieu le 27 octobre et reçoit les noms de Filomena Rita Carraturo. Déjà infusé dans son âme au baptême, l’Esprit la comble par l’effusion de ses dons dans le sacrement de confirmation qu’elle reçoit des mains de Mgr Kearney, le 6 mai 1941.
D’une discrétion absolue sur elle-même, nous savons très peu de choses sur sa vie antérieure. Rien ne précise quand elle reçut son Jésus-Hostie pour la première fois. Sans nul doute que ce fut avec un grand amour.
À 19 ans, elle répond à l’appel pressant de Jésus l’invitant à Le suivre.
Elle entre chez les Missionnaires du Sacré-Cœur, de sainte Françoise Cabrini, à West Park, New York, et y fait profession le 8 septembre 1950, sous le nom de Sœur Gemma. Elle y demeurera 17 ans. Et voilà qu’un grand désir s’éveille dans son âme. Elle se sent appelée à une vie de prière plus intense. Le 30 juin 1965, elle écrit à la Mère-servante générale des Servantes de Jésus-Marie : « J’ai toujours eu le désir de servir le Bon Dieu dans une vie contemplative. Maintenant, je sens tellement que Jésus m’appelle à Le servir de plus près. Avec la permission de mon directeur spirituel, je vous écris pour vous demander si ce serait possible de faire partie de votre communauté. Comme votre Congrégation est la seule, à ma connaissance, qui possède l’adoration perpétuelle du Très Saint-Sacrement et une dévotion spéciale à la Sainte Vierge, c’est pourquoi je m’adresse à vous. Je suis américaine, âgée de 35 ans, secrétaire et en bonne santé.»
Sa demande ayant été prise en considération, Soeur Gemma entre au cloître le 17 décembre 1965. Au moment de son transfert, avec grande sincérité, sa supérieure dit à la Mère-servante: « je vous envoie une sainte! »
Soeur Gemma commence son Noviciat S.J.M. le 24 mai 1966 et prend le nom nouveau de Soeur Marie-de-l’Annonciation. Elle s’engage définitivement dans notre Congrégation le 24 mai 1967. L’adoration de Jésus-Hostie ainsi que le chant des louanges divines font son grand bonheur. Notre soeur nous édifie grandement par sa ferveur et sa piété. Elle cherche à vivre silencieusement dans une profonde union à son divin Époux. Mais son Jésus, elle aimait aussi le servir dans ses soeurs.
L’économat fut le théâtre de son inlassable dévouement. Qui pourrait dénombrer les pas accumulés lors de ses sorties pour les différentes commissions du monastère? Elle est d’une audace étonnante pour satisfaire les demandes de ses sœurs, elle, si humble et silencieuse parmi nous.
Éprouvée dans sa santé, elle vit généreusement son oblation en faveur du sacerdoce, et devient résidente de l’infirmerie en janvier 2009. Le personnel infirmier témoigne qu’elle ne se plaignait jamais. Elle était, pourrait-on dire, Soeur discrète, étant très sobre lorsqu’il s’agissait d’elle-même. Son visage tout de lumière, son sourire avec les lèvres, mais aussi avec les yeux, ont fait d’elle un témoin de l’amour de Dieu. C’était sa façon à elle de communiquer la manifestation de Dieu dans sa vie.
Faisant parler Jésus, elle avait écrit : « Souris à tout! Veux-tu ma petite épouse me laisser rayonner au dehors la joie que Je te donne intérieurement ? Applique-toi à sourire à tout. Ne t’occupe qu’à me plaire en souriant. Oublie ta souffrance! Que celle-ci ne t’empêche pas de sourire extérieurement comme tu me souris intérieurement… Toi-même ma petite épouse, tu n’existes plus. Tu n’as donc plus le droit de penser à ta souffrance puisqu’en réalité, c’est moi-même qui souffre à ta place. »
Son abandon à Marie lui a permis de vivre joyeusement son offrande en hostie de louange à la gloire de Jésus dans l’Eucharistie et dans les prêtres. Le 5 janvier 2014, le cierge de son oblation s’éteint tout doucement. Les mains du Père recueillent le dernier souffle de sa petite enfant et déposent son coeur en Celui de son Époux adoré.
Nous avons reçu de beaux éloges des sœurs Missionnaires du Sacré-Cœur qui disent se souvenir d’elle avec tendresse et affection. «Elle était vraiment un cadeau pour nous ; elle était très spéciale ; c’était une sainte!»
Béni sois-Tu, Seigneur pour ta fidèle et fervente épouse; un ange de bonté qui, d’une serviabilité à toute épreuve, dans l’oubli total d’elle-même, est devenue la petite sœur humble au sourire rayonnant, petite sœur qui semble plus du ciel que de la terre! Béni sois-Tu, Seigneur, pour son regard en lequel se lit l’infinie de ta Présence.
Béni sois-Tu, Seigneur parce qu’elle reste un trésor caché dans le secret de ton Cœur où tu l’enveloppes de ta tendresse, la conduisant pas à pas vers la rencontre définitive.
Bien-aimée Soeur Marie-de-l’Annonciation, merci pour le témoignage d’une vie vécue avec une si généreuse et souriante fidélité! Votre vie a commencé sous le regard de Marie, étoile de la mer. Et c’est une autre étoile, celle de l’Épiphanie, qui vous a guidée jusqu’aux portes du paradis.
Jeudi, le 9 janvier à 10h a lieu la liturgie des funérailles. Elle est présidée par M. l’Abbé André Picard, aumônier. L’inhumation au Cimetière Notre-Dame suit immédiatement.
« Seigneur, reçois-la dans ta lumière, auprès de toi! »