Dans l’éternelle Présence

« Avec les saints et saintes du Ciel, chantons les louanges de Dieu. » (Cf. inv. du jour)

En ce vendredi 11 novembre, à l’heure même où débutait l’Eucharistie de ce jour, notre Soeur Marie-de-la-Nativité (Soeur Simone Gobeil) répondait à l’appel de l’Époux. Avec St Martin, elle a entendu l’invitation : « Jour d’allégresse pour toi qui entres au Paradis; joie pour les anges, les archanges, les saints du Ciel qui t’invitent : demeure avec nous pour l’éternité. » (Lit. du jour)
Notre Soeur Marie-de-la-Nativité est née le 19 février 1923, dans une nombreuse famille de la paroisse St Stanislas de Montréal. Le généreux dévouement qui a marqué sa vie a commencé très tôt. Dès l’âge de 12 ans, à la demande de son père, elle doit quitter l’école afin d’aider sa maman à la maison. C’est ainsi qu’elle devient la ‘petite mère’ des deux derniers enfants de la famille. À 21 ans, elle entre chez les Soeurs de la Providence et y demeure pendant 33 ans. Elle y exerce son beau charisme de compassion, particulièrement dans sa fonction d’infirmière. Un jour, à l’appel de sa supérieure générale, elle accepte de se rendre à La Sarre pour une nouvelle responsabilité. C’est dans cette région qu’elle fait la connaissance des Servantes de Jésus-Marie. Lors d’une retraite à notre monastère de Rouyn-Noranda, Jésus Eucharistie l’attire à Lui et lui fait entendre un nouvel appel. Toujours disponible, mais non sans déchirement, elle répond par un OUI total et généreux.
Notre soeur entre au monastère le 25 mars 1977. Son dévouement se poursuit encore pendant plus de 30 ans, cette fois par l’adoration, le chant des louanges divines, grâce à la belle voix dont le Seigneur l’a dotée Douée de nombreux talents, avec sa grande bonté et son inaltérable sourire, elle sait les mettre au service de la Congrégation; elle exerce au fil des années les fonctions de mère-servante, infirmière, responsable du pré-noviciat, directrice de chant, couturière. Attentive au Souffle de l’Esprit, elle rayonne L’AMOUR.
En 1998, elle fait un AVC; sa santé se détériore. Elle reçoit alors son obédience pour notre Infirmerie communautaire le 14 octobre 1999 et quitte son beau Nazareth de Rimouski; c’est un bien grand sacrifice, mais elle comprend que son état de santé nécessite des soins particuliers La vie à l’Infirmerie se déroule dans un abandon confiant et serein. Occasionnellement, sachant combien notre soeur aime la musique, on lui fait entendre quelques cassettes de choix. Courageuse sur la Croix, elle rayonne la charité. Au cours de l’An 2006, nous avons souligné avec joie, son 60e anniversaire de profession religieuse.
Notre malade est lucide, capable de s’unir aux prières de la communauté. On l’amène chaque jour à la chapelle et à la salle de récréation en fauteuil roulant. Jusqu’à la veille de sa mort, elle peut recevoir son Jésus-Hostie. Lorsque nous allons la visiter, nous sentons qu’elle est présente, mais elle ne parle plus; elle ne prononce que de rares petits mots, murmurés tout bas. Notre Père Aumônier, toujours si bon pour les malades, ne manque pas de la visiter pour le Sacrement du Pardon. Régulièrement, elle peut aussi bénéficier du Sacrement des malades.
Mentionnons que notre Soeur Marie-de-la-Nativité est inscrite au Chapitre des malades de notre diocèse. À ce titre, elle reçoit au cours de l’année de belles lettres de notre Archevêque, Mgr Roger Ebacher; lettres dans lesquelles il recommande les grandes intentions de l’Église universelle et diocésaine. Ces missives encourageantes réjouissent le cœur de notre sœur… d’autant plus que Mgr et Sœur Marie-de-la-Nativité se connaissent depuis longtemps; oui, depuis les années 1975!
C’est une longue histoire qui a commencé alors que Sœur Marie-de-la-Nativité était encore dans la Congrégation des Sœurs de la Providence. Ayant reçu l’obédience de faire partie du groupe de fondation à l’Hôpital de La Sarre au Québec, c’est là qu’elle fit sa connaissance. La Sarre à ce moment là était le lieu de résidence de M. l’abbé Roger Ébacher, notre cher Archevêque d’aujourd’hui !
Immobile depuis des années, toujours sous le regard maternel de Marie, sa vie devient offrande silencieuse et généreuse en faveur du sacerdoce, avec une pensée spéciale pour Mgr Ébacher. Le fait est digne de mention : au moment où Mgr notre Archevêque remet sa démission comme Pasteur de notre archidiocèse, deux jours après sa dernière visite pastorale au monastère, notre chère Soeur Marie-de-la-Nativité prend son envol pour le Paradis, sa mission ici-bas étant achevée. « Il y eut un soir, il y eut un matin…» Un matin sans rien de spécial… notre soeur vient tout juste de finir son déjeuner ; les infirmières viennent retourner notre grande malade dans son lit et c’est le dernier soupir. Nos cœurs fraternels ont tout de suite le sentiment qu’elle est déjà parvenue au bonheur du Ciel.
Lundi, le 14 novembre, en présence de Sœur Marie-de-la-Nativité, la Communauté fait une Célébration de la Parole où plusieurs beaux témoignages sont émis, relevant sa charité rayonnante, son âme de louange, son humilité qui la portait à demeurer dans l’ombre. Femme d’ordre, de patience, elle semblait garder un perpétuel sourire.
Le 16 novembre, jour des funérailles, son frère, M. Raymond Gobeil, son épouse Madeleine, son cousin, M. Jean-Claude DeCelles et son épouse Madeleine, ainsi que des amis du monastère, viennent rendre un dernier hommage à notre soeur défunte. La Célébration est présidée par M. l’abbé André Picard, notre Aumônier, assisté du R.P. Gilles Patry, o.m.i., curé de notre paroisse Notre-Dame-de l’Ile de Gatineau.
Dans sa touchante homélie, notre Père Aumônier commente l’Évangile de Mt 25, 31-40 sur le «Jugement dernier» et le Psaume 121 : « O ma joie, quand on m’a dit: allons dans la maison du Seigneur.»
Nous nous rendons ensuite au Cimetière Notre-Dame pour l’inhumation. Après les prières d’usage, dites par notre Père Aumônier, sur l’invitation de notre mère-servante générale, toutes les Servantes de Jésus-Marie présentes récitent la formule d’oblation s.j.m. Au retour, il y a rencontre amicale au parloir avec la famille.
Bien-aimée Soeur Marie-de-la-Nativité, MERCI pour le témoignage édifiant de votre longue vie. Nous confions à votre grand coeur les personnes que vous aimez et toutes celles qui ont pris bien soin de vous au fil des ans. Dans l’espérance de nous retrouver tous au Ciel, nous vous disons : AU REVOIR.
« Seigneur, reçois-la dans ta lumière, auprès de Toi. »