Dans l’éternelle Présence

« Seigneur, dans ta Lumière, nous voyons la lumière » ( Ps. 36, 10 )

Celle dont le nom signifie Lumière voit le jour le 28 mai 1919, en la paroisse de l’Immaculée Conception de Trois-Rivières et dès le lendemain, elle devient enfant de Dieu, et reçoit les noms de Marie, Yvonne, Lucille.
Elle fait sa Première communion en 1926 et est confirmée par Mgr Odilon Comtois le 19 mai 1927, dans l’église Sainte-Famille, de Cap-de-la-Madeleine.
Lucille est la deuxième des cinq enfants de M. Alfred Milette et de Dame Blanche Landry. Roland est son frère aîné, tandis que Stella, Roger et Florence sont les plus jeunes. Roger lui est un frère très précieux et elle est sa confidente.
Notre sœur a été d’une grande discrétion concernant son enfance et son adolescence. Demeurant à proximité du sanctuaire Notre-Dame du Cap, nul doute que là elle fit là la connaissance des Servantes de Jésus-Marie.
Alors que Lucille réfléchit à son avenir, elle prend contact avec la Mère-servante générale. Dans sa correspondance, elle laisse entendre qu’elle songe à la vie religieuse depuis l’âge de 13 ans. Sa première lettre date du 13 février 1941, elle a donc 21 ans. Elle écrit : J’aime beaucoup votre belle communauté, et je suis au point de décider de ma vocation.
J’ai dû laisser l’école à 13 ans pour venir en aide à mes parents qui avaient grandement besoin de moi.
À ce moment, elle travaille à Limoilou, dans une maison privée, et gagne le salaire de deux dollars par semaine. Elle désire bien suivre le chemin où il lui semble que le Divin Maître l’appelle. Elle écrit à nouveau : Maintenant mon frère travaille et mes idées sont toujours les mêmes concernant mon avenir.
En mars, elle envoie ce message : Pourriez-vous me faire parvenir certains renseignements sur le règlement de la communauté? S’il vous plaît, ne m’oubliez pas durant la neuvaine à St-Joseph afin qu’il m’éclaire dans le choix de ma vocation. Le 2 avril, elle s’inquiète, car elle n’a pas reçu de nouvelle. Elle revient à la charge et dit : J’ai bien hâte de savoir ce que le Conseil décidera de moi. Je désire plus que jamais entrer au couvent; en outre, je désire me former à la vertu d’obéissance, de charité, de sacrifice pour la gloire de Dieu, et le salut des âmes.
Enfin, le 16 avril, elle reçoit une réponse. Comme elle demeure maintenant avec ses parents, elle envoie sa nouvelle adresse et signe : Votre future petite servante de Jésus-Marie.
Les principaux motifs pour lesquels elle désire entrer en communauté sont les suivants : pouvoir mieux glorifier Dieu par une vie de sacrifice, d’obéissance, et pour la sanctification des âmes. Le 31 mai, elle demande la permission d’entrer le 8 juin, un dimanche, afin d’éviter à son père de perdre une journée de travail. À noter que sa première lettre date du 13 février et elle fait son entrée en juin de la même année. Elle était décidée la petite Lumière !
Entrée le 8 juin 1941, elle revêt le saint habit le 10 décembre suivant, et reçoit le nom de S. Saint-Louis. Son nom la place sous le patronage de notre Père Fondateur et c’est le départ d’une longue vie au service de l’Eucharistie et du Sacerdoce.Elle est admise à la première profession le 10 décembre 1943.Deux ans plus tard, en 1945, Jésus l’appelle à poursuivre sa vie d’adoratrice au Nazareth Ste-Famille de Shawinigan. C’est là, en octobre 1946, qu’elle reçoit sa réponse d’admission à l’Alliance perpétuelle. Elle ne tarde pas à venir exprimer à Mère générale et son conseil sa joie et sa reconnaissance pour cette faveur. Elle écrit : Je me jette à vos pieds, ma Révérende Mère, pour recevoir votre maternelle bénédiction et vous dire : je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole…
Il me semble que je ne pourrai jamais assez remercier Dieu de la grâce qu’Il m’a faite de m’appeler à son service.
La volonté du Bien-Aimé la conduit en divers de nos monastères où elle accomplit généreusement son ministère de louange et d’adoration de Jésus-Hostie, et joyeusement son service fraternel. Sous le regard maternel de Marie, malgré ses problèmes de santé, elle remplit sa tâche de cuisinière et de réceptionniste avec beaucoup d’amour et de dévouement.
Elle revient à la maison-mère le 12 janvier 1992 et poursuit dans le silence sa belle vie S.J.M. En 1997, souffrant beaucoup du froid, S. Lucille (qui a repris son nom de baptême) sollicite la faveur de prendre place au jubé pour les exercices à la chapelle. En 2002, après avoir bien prié, elle demande son transfert définitif à l’Infirmerie.
Y étant installée depuis un an, elle écrit : Les joies et les croix se succèdent comme pour Jésus et Marie. C’est bon signe n’est-ce pas? Vive nous autres, nous sommes entre bonnes mains! Elle remercie pour la grande sécurité dont elle jouit à tout point de vue à l’infirmerie où les délicates attentions sont constantes.
Après avoir vécu quotidiennement son oblation au cours de ses dernières années, notre Père du ciel la rappelle à Lui en la fête de la Présentation du Seigneur, qui est aussi Fête et Année de la Vie consacrée, le 2 février 2015. Elle est âgée de 95 ans. La petite lumière s’est éteinte sur terre pour se rallumer là-haut au grand Cierge pascal qu’est le Christ.
Âme d’action de grâce, S. Lucille laisse le souvenir d’un être tout de bonté, de sérénité et de douceur, d’une petite sœur cachée, respectueuse et se contentant de peu. Elle savait exprimer sa reconnaissance par de belles lettres à sa Mère-servante, surtout pour la remercier des bons souhaits reçus lors de ses anniversaires.
Elle en profitait pour communiquer les nouvelles qui concernaient particulièrement sa santé et sa vie spirituelle.
Son Époux bien-aimé la fit participer largement à sa mission rédemptrice. Malgré ses constants problèmes de santé, elle vécut avec ferveur, dans une simplicité toute mariale. Nul ne peut mesurer sa vie de souffrance physique et morale sinon Jésus seul, mais toujours offerte généreusement pour les prêtres.
Chère Sœur Lucille, nous gardons de vous le souvenir d’une compagne joyeuse et souriante qui nous accueillait toujours avec plaisir. Nous vous disons avec amour : Au revoir !
« Accueille, Seigneur, ton enfant dans la lumière éternelle. »