Dans l’éternelle Présence

« Béni sois-Tu, Seigneur de m’avoir Créée. »

Notre chère Sœur Claire d’Assise voit le jour le 7 septembre 1920, en la paroisse St-Antoine de Padoue, Perkins, Québec. Elle est la septième des quinze enfants de M. Albert Rollin et de Mme Eugénie Trudel. Fervents chrétiens, ceux-ci l’accueillent comme un don de Dieu. Dès le lendemain, en la fête de la Nativité de Marie, elle devient l’enfant chérie du Bon Dieu et reçoit les noms de Marie, Louise, Yvonne.
Vivant dans un milieu champêtre, l’âme contemplative de la petite Yvonne s’épanouit et vit heureuse dans cette belle famille chrétienne où tous sont unis. Vaillante et robuste, elle travaille avec entrain sur la ferme et à la fromagerie
À 25 ans, elle entend pour la première fois la voix du Seigneur qui lui chuchote à l’oreille: «Viens et suis-moi». Elle écrit donc à la Mère-servante générale : « Il y a déjà longtemps que je pense à la vie religieuse et maintenant, il me semble que le moment est venu de me donner au Bon Dieu.
Chez-vous, dans votre chapelle, je trouve la paix, le calme et je voudrais y rester toujours… Je vous demande donc la faveur de m’accepter comme l’une des vôtres.»
Ce n’est pas sans déchirement, que le 10 juin 1946, elle quitte tout : sa chère famille, sa jolie campagne, ses amies pour entrer dans la Congrégation des Servantes de Jésus-Marie. Jésus lui a parlé au coeur, et avec toute sa générosité, elle veut devenir sa petite servante, adoratrice et réparatrice. Le Christ est devenu l’Époux divin à qui elle appartient désormais et elle désire lui consacrer toute sa vie
Yvonne revêt l’habit religieux le 10 décembre 1946. Elle reçoit alors un nom nouveau, Soeur Ste-Claire d’Assise (qu’elle modifiera plus tard en Soeur Claire d’Assise). Avec grande ferveur, elle prononce ses premiers vœux, le 24 mai 1949.
À la fin de ses années de formation, une épreuve de taille l’attend. Quelques jours avant de prononcer ses vœux perpétuels, alors qu’elle avait adressé ses invitations à sa famille et à ses quatre cousins, les abbés Rollin dont l’un devait faire l’homélie, elle est retardée de six mois. De caractère bien trempé, avec résignation, elle fait face à cette épreuve et avance courageusement sans se laisser ébranler. Elle scellera enfin son alliance définitive avec Jésus-Hostie, le 24 mai 1952.
Ce premier appel est suivi de bien d’autres qui l’invitent, dans l’esprit de son oblation, à accepter les tâches qu’on jugeait bon de lui confier. C’est ainsi qu’elle marche généreusement dans la voie de l’amour. Avec grand esprit de foi, elle se montre très filiale envers les autorités. Plusieurs de ses lettres en témoignent. Elle écrit le 22 juillet 1992 à Mère générale : « Mon don au Seigneur me conduit dans un abandon paisible. Ma prière vous rejoint chaque jour. Ma vocation qui m’est si précieuse m’encourage et me conduit au but qu’est le Ciel. Veuillez me bénir, car je suis toujours votre fille qui se veut humble, obéissante et pauvre. »
Dévouée et joyeuse, elle est une sœur très fraternelle. Dans un grand esprit de détachement, elle a accepté volontiers de changer de monastère à plusieurs reprises.
En vraie Servante de Jésus-Marie, elle est une fidèle adoratrice de Jésus-Hostie. Le temps passé devant son Bien-Aimé lui paraît toujours trop court. Qui dira l’immense sacrifice qu’elle offrit au Seigneur lorsqu’elle dut renoncer à son adoration nocturne, à 2h. du matin?
Diverses tâches lui ont été confiées qu’elle remplit avec joie et grand oubli d’elle-même, notamment à la cuisine où elle excellait. Elle fut sacristine et plus particulièrement réceptionniste où elle eut l’occasion d’exercer son ministère de compassion auprès des personnes en quête de réconfort et d’encouragement. Avec sa patience débonnaire, elle attirait les enfants qui aimaient parler avec elle au guichet, après le repas du midi. Combien se souviendront de l’aimable Sœur Claire!
Sentant que ses forces diminuent, elle demande à venir s’installer à notre infirmerie communautaire. Ce qui lui est accordé volontiers. Après avoir reçu son obédience, elle y arrive le 18 mai 2007.
Soeur Claire d’Assise se sent vieillir. Elle perd graduellement la mémoire ce qui lui cause bien des ennuis ; elle en éprouve souvent de l’angoisse, ne sachant pas où elle est. Elle conserva néanmoins son humour, et répéta souvent : « C’est moi, la merveille! » En récréation, elle est une causeuse intéressante et aime nous raconter les souvenirs du passé.
Ses jambes ne la supportant plus, elle est contrainte de passer une partie de la journée en fauteuil roulant.
Au cours de cette dernière maladie, elle reçoit avec joie et grande reconnaissance la visite de M. l’Abbé Gérald Croteau, qu’elle a accompagné fidèlement dans son cheminement vers le sacerdoce. Celui-ci la prépare à vivre bientôt, dans la foi et l’espérance, son mystère pascal.
Son pèlerinage terrestre terminé, l’Époux divin la convoite pour les noces éternelles, dans la soirée du 09 août 2013. Elle aurait atteint 93 ans le 7 septembre ; elle avait 66 ans de vie religieuse.
Mardi le 13 août à 13 h 30 a lieu la liturgie des funérailles. En l’absence de notre Père Aumônier, elle est présidée par M. l’abbé Anthony Osuji. Dans son homélie, celui-ci fait dérouler toute l’existence de notre chère Sœur Claire. Ses frères Guy et Jean, ainsi que ses sœurs S. Lucille, s.s.c.j. et Anita étaient présents. Ses sœurs, Eugénie et Jeannette, âgées respectivement de 97 ans et 94 ans, n’ont pu y assister. Une nombreuse assistance d’amis (es), de neveux et nièces participe à la cérémonie.
Le Père Gilles Comeau, o.m.i. aumônier des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus, le Père Gilles Patry, o.m.i. curé de notre paroisse et M. l’abbé Jean-Pierre Fredette, son fils spirituel, concélèbrent. L’inhumation au Cimetière Notre-Dame suit immédiatement.
«Je te rends grâce, Seigneur: tu m’as ouvert les portes de ta maison! » (Liturgie de 10 août).
À la suite de sa patronne, notre chère Sœur Claire d’Assise a fleuri au grand Soleil de Dieu. Elle chante et s’émerveille :
« Béni sois-Tu, Seigneur, de m’avoir créée! » (L.H.) 8 septembre, Nativité de la Vierge Marie.