Dans l’éternelle Présence

 

 

Notice de S.M arcelle Pelletier, sjm   (S. Marie-de-la-Réparation)

 

Décédée le 21 mai 2018  à l’âge de  94 ans

« Être devant Toi, Seigneur

 

comme une petite fleur, sans prétention. »

(Note de S. Marcelle)

 

 

Ce verset du psaume 26 parlait plus particulièrement au cœur de sœur Marcelle :

« Je demande une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie. »

 

Marcelle Pelletier naît le 26 juin 1923, en la paroisse St-Marcellin de Les Escoumins et est baptisée le même jour. Son père, M. Joseph Pelletier, était menuisier. Dame Clémence Boucher  est la maman des cinq enfants qui composent la famille, dont trois garçons et deux filles. Marcelle se classe l’avant-dernière. L’Esprit comble Marcelle par l’effusion de ses dons, le 24 juin 1929, sacrement qu’elle reçoit des mains de Mgr C.A. Lamarche, évêque de Chicoutimi.

 

Sœur Marcelle est une personne très discrète qui parle très rarement d’elle-même et de sa famille. Nous avons donc peu de renseignements sur son passé. Nous savons qu’elle fait ses études au couvent des Petites Franciscaines de Marie jusqu’à la neuvième année. Intelligente, talentueuse, elle dû bien réussir en classe.

 

Elle est une sportive, aime le tennis, le ski de fond, la raquette, mais privilégie le patin de fantaisie dans lequel elle excelle.

 

À 18 ans, elle quitte Les Escoumins pour se domicilier à Sault-au-Mouton. Marcelle dit songer à la vie religieuse depuis son jeune âge. Elle aime les Petites Franciscaines de Marie et à 19 ans, elle y demande son entrée. Elle y demeure comme postulante et novice d’août 1943 à septembre 1945 et reçoit le nom de sœur Marie-Agathange. Ne se sentant pas d’attrait pour ce genre de vie, elle quitte alors la communauté et pendant quelques années devient institutrice.

 

Marcelle reste préoccupée de sa vocation. Comment a-t-elle connu la Congrégation des Servantes de Jésus-Marie? Nous ne le savons pas. Elle a vingt-sept ans. Elle commence ses démarches en vue d’y faire son entrée, le 23 novembre 1950. Elle en donne les motifs suivants : « Pour vivre d’amour et d’abandon; afin de glorifier l’Amour infini et de le faire aimer par une multitude d’âmes. »

 

Dans ses notes, nous trouvons cette confidence : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est Moi qui vous ai choisis. (Jn 15, 16). Et c’est vraiment l’histoire de ma vocation! À la manière d’Habacuc, l’ange m’a pris par les cheveux et m’a transportée, non pas à Babylone, mais à Hull chez les SJM… à l’insu de mes parents !!! Un voyage que je n’avais jamais fait seule! Je considère ça comme un mystère ou un miracle d’Amour !»

 

Sœur Marcelle entreprend ses années de formation. Elle revêt le saint Habit le 24 mai 1951 et reçoit le nom nouveau de Marie-de-la-Réparation. À l’époque du concile, alors que nous en avons la possibilité, Sœur Marie-de-la-Réparation reprendra son nom de baptême, Marcelle.

 

Retardée de six mois, en raison d’une chirurgie à un pied,  sa première profession a lieu le 10 décembre 1953. Elle scelle son alliance définitive avec l’époux à notre Nazareth St-Joseph de Rimouski, le 10 décembre 1956.

 

Bien d’autres OUI suivront. Notre sœur se montre disponible. Elle aura souvent à changer de monastère ; elle dira : « j’ai déménagé plus souvent qu’à mon tour. »

 

En juin 1957, Sœur Marcelle fait un stage à l’hôpital St-Joseph de Rimouski afin de s’initier comme infirmière. Elle y est bien accueillie par les sœurs de la Charité de Québec. Plus tard, dans la communauté, elle exercera particulièrement les charges d’infirmière, et de sacristine. Elle rendra aussi de bons services ici et là.

 

Elle note qu’elle privilégie le silence. « J’aurais aimé  la chartreuse. J’ai toujours apprécié le silence, même dans le monde. C’est pourquoi j’aimais le ski et la raquette en pleine forêt ! » Au cloître, elle apprécie les temps de retraite où, selon elle, « un beau climat de silence nous enveloppe de toute part. »

 

Elle aime sa vocation d’adoratrice et de Servante de Jésus-Marie. Les occasions ne lui manquent pas de vivre son oblation. Visitée souvent par la maladie, elle ne se plaint pas. Elle garde confiance.

 

Nous reconnaissons en soeur Marcelle un tempérament vif, un caractère fort. Elle est femme d’audace et va au bout de ce qu’ell veut. Ce qui, à l’occasion, peut provoquer certains conflits dans les relations communautaires. Par contre, elle est très attachée à sa famille religieuse, tout comme à sa famille naturelle. Elle prend la part des personnes absentes par une parole aimable et édifiante. Elle est très reconnaissante envers ses  mères-servantes et ses sœurs pour la moindre attention reçue. Plusieurs de ses lettres en témoignent.

 

Une dernière obédience la ramène à notre infirmerie communautaire, le 12 juin 2008. Elle vit cette dernière étape de sa vie sur terre en fraternité avec nos autres sœurs malades, sous le regard maternel de notre Mère immaculée.

 

Le 4 avril 2017, elle subit une chirurgie majeure. Malgré les indices de la gravité, avec la ténacité qu’on lui connaît, elle lutte pour la vie et prolonge ainsi pour plus d’un an son pèlerinage sur terre. Jusqu’à son dernier jour, elle persiste à dire qu’elle va très bien, et cela jusqu’à 19 h. ce soir, 21 mai. Ce n’est qu’à 20 h. que l’on constate un changement notable, qu’elle s’abandonne et entre dans le coma. À 23h 20 l’Époux la cueille avec amour pour son Paradis de gloire.

 

La liturgie des funérailles est présidée par Mgr Jean-Charles Dufour, aumônier, lundi 28 mai 2018 à 10 h. Un petit cousin, M. Mathieu Martin, et une petite cousine Mme Suzanne Morissette représente la famille.  Reposez en paix, chère Sœur Marcelle !

Texte de l’homélie 

 

 

« Au Paradis de Dieu, elle recevra l’Héritage promis. »  (L H)