Prêtre de marie funérailles, ensevelissement et extration de son coeur : reliquaire à la crypte de la congrégation 1865 – 1920

Inauguration de la crypte de la maison mère 8 octobre 1928

Départ de notre père

Le 26 Février 1920, premier jeudi du Carême, est décédé notre bien aimé Père Fondateur, dans la 64e année de son âge, la 39e de son sacerdoce et la 25e de la fondation de sa Congrégation.
Ces dernières paroles furent : « Maintenant, j’ai fini d’expliquer le règne du Saint-Esprit dans les âmes, son action quotidienne par Marie, sous l’influence de la sainte Liturgie.» Puis il ajouta : « Le peu de souhaits que je puisse encore former, c’est de me sanctifier pour qu’elles soient sanctifiées »…. Et ce fut tout!
La veille des funérailles, le corps fut monté par le petit escalier au chant de la psalmodie du De profundis. À la chapelle, au pied de cet Autel où tant de fois, dans l’ardeur de son âme sacerdotale, il s’était offert avec l’Agneau de Dieu.« In hostiam laudis, per Mariam, ut sint unum». Nous avons chanté l’Office des Vêpres des défunts, et nous l’avons veillé toute la nuit….
À la messe matinale, le 2 mars, pendant l’action de grâce, nous renouvelons la promesse d’unité, promettant à notre Père de garder l’Unité dans laquelle il a voulu fonder notre Institut. Matines et Laudes furent chantées avant l’absoute solennelle, par Mgr J. Onézime Routhier. La dépouille mortelle fut ensuite conduite à l’église paroissiale, Notre-Dame de Grâces; ainsi l’avait voulu Mgr l’Archevêque pour que les obsèques soient aussi imposantes que possible. « CE COEUR FAIT HOSTIE »
Après une longue et solennelle cérémonie, le corps fût ramené au monastère car nous voulions garder le cœur de notre Père; ce cœur qui nous a tant aimées, et nous l’a si souvent prouvé. C’est par pure vénération et piété filiale que nous avons voulu conserver ce trésor, ce coeur de chair, organe de l’amour, ce grand coeur, sanctuaire des plus beaux dons de nature et de grâce. Selon l’expression de St Jean Chrysostome : « Ce coeur fait hostie ». Nous voulons encore apprendre du coeur de notre Père Fondateur comment on vit et comment on meurt :« In hostiam laudis, per Mariam, ut sint unum» ; ceci afin d’essayer de répondre un peu à l’ultime et véhément désir du Coeur de Jésus, Prêtre et Hostie.
Dans l’après-midi même, le médecin procéda à l’extraction du cœur et le déposa dans une urne de verre. Le juge de la Cour Supérieure y apposa son sceau. Jusqu’au 2 mars, l’urne demeura à la sacristie, dans l’armoire des vases sacrés. Au premier vendredi du mois, le 5 mars, nous avons descendu à la Crypte l’urne de verre pour la déposer sur l’autel, au pied de la belle statue de Notre-Dame-de-Pitié. Ce n’est qu’en 1935, alors que les travaux de la Crypte étant à peu près terminés, on plaça à la partie supérieure du tombeau de notre Mère Fondatrice, une châsse contenant l’urne avec le cœur de notre Père Fondateur, l’Abbé Alexis-Louis Mangin.

Auprès de Marie

Revenons au lendemain des funérailles, mercredi 3 mars. Dans notre chapelle eut lieu un service solennel célébré par Mgr Routhier. Selon notre plus ardent désir, nous fut accordée la faveur de garder la dépouille mortelle, dans notre jardin. Le 27 avril, des ouvriers ont commencé les travaux pour le caveau. Le cercueil attendait dans la petite chapelle de Notre-Dame de Lourdes. Notre Père reposait aux pieds de sa bonne Mère jusqu’à ce que tout fut terminé. Les soeurs se succédaient auprès de lui pendant ces jours; une douce consolation qui passa trop vite!
Le 4 mai 1920, eut lieu l’inhumation définitive… Un dernier regard, un dernier soupir et une dernière prière… Nous sommes assurées que notre bon Père veille sur nous.
Le monument sobre et digne en forme de Croix mesure 5 pieds et porte au croissant l’emblème du Saint-Esprit ; au pied, le Bréviaire avec les mots : OPUS DEI.
Quel vœu formons-nous sur cette tombe de notre père, fraîchement mise en terre? Sinon que demeure toujours dans la Congrégation des Servantes de Jésus-Marie cet esprit avec lequel il a fondé sa Congrégation : cet esprit de bonté et de charité mariale avec lequel il a toujours voulu éclairer et réchauffer ses enfants
( Archives / Éphémérides 1920 )