Inauguration de la crypte

8 octobre 1928
Inauguration de la crypte de la Maison Mère, exhumation et translation de Mère Marie-zita-de Jésus, Mère fondatrice, et de 27 soeurs des cimetières d’Aylmer et de Hull

À notre première exposition du St-Sacrement, notre Père Fondateur avait prononcé une ardente homélie et totale consécration de l’Oeuvre au Coeur de Jésus.
Que se passa-t-il dans les coeurs à ce moment là? Celui qui suggère les plus sublimes dévouements et donne la force de les accomplir, peut seul le savoir. Cependant, quelques paroles échappées à l’une ou à l’autre, et les dispositions générales de celles qui assistèrent, nous permettent de pressentir que plus d’une, en ce solennel instant, s’offrit en victime pour que Jésus-Hostie vint bientôt demeurer définitivement sur le trône qui Lui était préparé. Ce que les faits proclament à ce sujet, c’est que la première fleur cueillie, par le céleste Jardinier, au parterre des Servantes de Jésus-Marie, fut une ce celles qui prirent le saint Habit en ce jour, S. Marie-des-Cinq-Plaies. Elle était entrée au Couvent de Masson le 18 mars 1898.
À l’automne, on remarqua en elle un notable affaiblissement physique que l’on pouvait attribuer à son activité naturelle au travail. On dut lui imposer des ménagements. À la Fête de la Toussaint, on eut une 4ième Exposition du Très Saint Sacrement.
En cette fête de tous les bienheureux, elle ressentit avec intensité le désir d’aller partager bientôt leur bonheur et de présenter en personne à la Très Sainte Trinité, sa requête pour que Jésus-Hostie résidât perpétuellement dans sa chère Famille religieuse. Le soir même, elle fut prise d’une violente fièvre que le médecin reconnut pour la typhoïde. Elle s’alita pour ne plus se relever… Elle comprit que son grand désir allait être exaucé. Marie, sa Mère tant aimée a écouté sa prière: son enfant mourra Servantes de Jésus-Marie.
Le soir du 17 décembre, elle demanda à notre Père la faveur d’être admise à la Profession. Celui-ci la lui accorda. Comme il n’y avait rien de préparé pour une telle cérémonie, notre Mère prêta sa croix, une autre son anneau, une autre son voile noir. Lorsque tout fut fini, le visage de la malade rayonnait d’une telle joie qu’elle semblait revenir à la santé. À tout instant, elle répétait : “Je suis Servantes de Jésus-Marie, oh ! quel bonheur !”
Était-ce une illusion? elle reprenait des forces à tel point que, deux jours plus tard, le médecin qui l’observait assidûment n’hésitait pas à permettre de la transporter au Couvent de Jeanne d’Arc, car nous étions en plein déménagement. Le voyage se fit en chemin de fer et en char électrique. La malade était dans un lit portatif; accompagnée du médecin et de nos Fondateurs; En une heure et demie, on fut rendu sans qu’elle sembla souffrir de ce transport. En arrivant au Monastère, on la fit entrer un instant à la chapelle; alors, avec un accent d’indicible joie, elle s’écria :
“Ah ! maintenant, je puis mourir, je suis chez nous !” D’un air triomphant, elle montrait à ses compagnes de noviciat son voile noir de professe, sa croix, son anneau.
…cette vigueur apparente était le dernier éclat d’une lampe qui s’éteint. La fiancée de Jésus en avait conscience. Ce qui répandait sur son visage une telle expression de vie, de paix et de bonheur, c’était la pensée que son sacrifice était accepté, et que bientôt elle verrait son divin Fiancé et sa tendre Mère Marie dont elle portait les livrées bénies. Pendant la nuit, on l’entendait répéter : Jésus ! Marie ! oh ! quel bonheur ! Mes soeurs, vous direz à maman qu’elle ne pleure pas, car je suis très heureuse. Un peu après minuit, doucement, sans effort, comme un enfant qui s’endort sur le sein maternel, S. Marie-des-Cinq-Plaies ferma les yeux et s’envola vers la Patrie céleste. Elle fut inhumée la veille de Noël, dans le Cimetière d’Aylmer.

S. Marie-des-Cinq-Plaies : Laure Leduc décédée le 22 décembre 1898 à l’âge de 23 ans
S. Marie-du-Saint-Sacrement : Marie-Anne Desjardins décédée le 2 octobre 1901 à l’âge de 26 ans
S. Marie-de-la Sainte-Famille : Ernestine Lamoureux décédée le 18 avril 1901 à l’âge de 31 ans
S. Marie-de-Saint-Jean : Marie-Anne Ferron décédée le 20 juillet 1901 à l’âge de 25 ans
S. Marie-de-Saint-Louis : Zénaide Laberge décédée le 6 août 1902 à l’âge de 23 ans
S. Marie-Antoine : Anne Robert dit Lafontaine décédée le 26 février 1904 à l’âge de 32 ans
S. Marie-Eustelle : Émélie Dubord décédée le 1er mai 1904 à l’âge de 28 ans
S. Saint-Gabriel : Joséphine Caillé dit Jasmin décédée le 15 mai 1905 à l’âge de 24 ans
S. Marie-du-Saint-Rédempteur : M-Anastasie Germain décédée le 6 septembre 1905 à l’âge de 32 ans
S. Marie-de-la-Croix : Amanda Ricard décédée le 8 juin 1907 à l’âge de 34 ans
S. Marie-du-Sacré-Coeur : Sophie Casault décédée le 22 juillet 1908 à l’âge de 23 ans
S. Marguerite-Marie : Éveline Renaud décédée le 25 octobre 1908 à l’âge de 30 ans
S. Marie-du-Calvaire : Albertine Mcduff décédée le 11 mars 1909 à l’âge de 24 ans
S. Marie-de-Saint-Pierre : Albina Charland décédée le 5 avril 1909 à l’âge de 32 ans
S. Marie-du-Saint-Rédempteur : Annie Lafleur décédée le 27 novembre 1909 à l’âge de 23 ans
S. Marie-Julienne : Éva Deschamps décédée le 4 juillet 1910 à l’âge de 30 ans
S. Sainte-Monique : Bernadette Côté décédée le 1er janvier 1911 à l’âge de 25 ans
S. Sainte-Jeanne : Lucie Audet dit Lapointe décédée le 28 janvier 1913 à l’âge de 36 ans
S. Sainte-Cécile : Clara Girard décédée le 9 août 1913 à l’âge de 37 ans
S. Marie-du-Saint-Sacrement : Noémie Leduc décédée le 3 mai 1914 à l’âge de 33 ans
S. Marguerite-Marie : Isa Gougeon décédée le 15 mai 1914 à l’âge de 23 ans
S. Marie-Bernard : Philomène Langlois décédée le 25 juillet 1915 à l’âge de 39 ans
S. Saint-Gabriel : Élisabeth Caron décédée le 23 septembre 1916 à l’âge de 34 ans
S. Marie-de-la-Charité : Albertine Fyfe décédée le 8 juin 1917 à l’âge de 25 ans
S. Saint-Stanislas-de-Kostka : Oliana Ratel décédée le 11 février 1919 à l’âge de 37 ans
S. Marie-de-l’Enfant-Jésus : Rose-Anna Cardin décédée le 25 janvier 1925 à l’âge de 38 ans
S. Marie-de-Jésus-Hostie : Aurore Corbeau décédée le 19 février 1928 à l’âge de 37 ans