17 – 30 octobre 2010
Saint Frère André et notre père fondateur

En raison de son amitié avec notre Père Fondateur, l’Abbé Alexis-Louis Mangin, et de sa générosité spirituelle, nous considérons le Frère André comme un de nos bienfaiteurs.

Le 5 mai 1910, notre Père écrivait :

« Il y a un pèlerinage à Saint Joseph; il faut que j’y aille; il faut que je recommande notre fondation à ce grand Saint. J’arrivais à la chapelle du pèlerinage qui est juste en face du collège Notre-Dame, au moment où un Prêtre achevait de faire vénérer la relique de Saint-Joseph. Il retournait à l’autel, quand un frère qui était auprès de lui, m’a désigné. Le Prêtre est revenu vers moi et m’a présenté la relique. Le Frère qui m’a désigné a quelque chose de peu ordinaire. Il ressemble à tout le monde et ne ressemble à personne. Il a tout à la fois l’air d’un jeune homme et l’apparence d’un vieillard. Le Frère mettait le sanctuaire en ordre et préparait le Salut qui se donnera à trois heures. Il a les mouvements vifs et rapides comme quelqu’un qui fait beaucoup de besogne, et il en fait, et tous ses mouvements sont mesurés et calculés comme ceux d’un vieillard. Il voit à tout, et pourtant, sous son visage modeste, derrière ses yeux perçants, on devine une vie intérieure très intense. Qui est ce Frère? Je ne le sais pas encore.» (Notre Père apprendra plus tard qu’il s’agissait bien du Frère André.)

Le 17 octobre prochain, nous aurons l’occasion de magnifier le Seigneur pour son œuvre de sanctification en un humble petit Frère. Dès ce jour, nous pourrons invoquer le premier saint de chez nous : le saint Frère André. Qui ne connaît le Frère André? Personnage religieux le plus populaire du Québec, sa réputation est encore profondément enracinée dans notre peuple. Ce petit Frère avait, semble-t-il, des liens particuliers avec Hull. Il venait régulièrement visiter des personnes amies, y faire rayonner son amour de Dieu et des personnes blessées par la vie, ainsi que sa confiance inébranlable en l’intercession de St-Joseph. L’histoire de notre Congrégation nous relate plusieurs rencontres intéressantes de notre Père Fondateur, l’Abbé Mangin, avec l’apôtre de Saint Joseph :

Le 19 novembre 1912, en retraite à l’Oratoire Saint-Joseph, notre Père ne se sentait pas bien, il écrit :

« J’ai dit au Frère André : Je vais être obligé d’aller finir ma retraite à l’Hôtel-Dieu; j’ai bien prié avant de prendre cette décision. Il me dit de me frotter le coeur avec de l’huile de Saint-Joseph et d’en mettre dans les oreilles et qu’il prierait pour moi. Je rentrai à la maison avec Frère André. Il me fit remarquer combien les quelques marches que je venais de monter m’avaient essoufflé. Un instant plus tard, Frère André vint lui-même m’apporter le café. Je lui dis combien je désirais pouvoir finir ma retraite, que j’en avais grand besoin! Il versait alors du café dans ma tasse et j’étais debout près de lui. Il me regarda d’un air plein de compassion, puis, sans dire un mot, tenant toujours la cafetière d’une main, il frictionna le coeur de l’autre main, pendant une à deux minutes. Après quoi, il me demanda si j’étais mieux. Je lui dis que je respirais plus librement. Après avoir déjeuné, je montai sans fatigue les deux étages qui me séparaient de ma chambre. Je me suis promené dans le corridor, respirant librement. Je suis redescendu prier à la chapelle, après quoi, je suis entré au magasin, acheter de l’huile de Saint-Joseph. De retour dans ma chambre, au troisième étage, je me suis frictionné le coeur avec l’huile. La respiration est devenue encore plus libre.»

FRÈRE ANDRÉ ET L’ABBÉ ALEXIS-LOUIS MAGIN : DEUX DÉVOTS DE SAINT-JOSEPH

8 novembre 1913 :

Notre Père, partant pour Rome en vue de l’approbation de nos Constitutions, s’arrêta faire un pèlerinage à Bon Secours et à l’Oratoire Saint-Joseph. Il écrit : « J’ai été présenté les Constitutions à la Sainte Vierge et à Saint-Joseph. Je les ai mises dans les mains du Saint Frère André en lui recommandant de bien prier. »

Hull,16 novembre 1919 : notre Père Fondateur raconte à nos soeurs :

Dimanche, le 2 novembre, j’étais à écrire dans ma chambre quand la soeur portière vint me dire :

– Frère André demande à vous parler.
– Quel Frère André?
– Frère André de Montréal.
– C’est bien, je me rends au téléphone.
– Pas du tout, il est ici; vais-je le faire entrer?

Je me rends à la porte et je vois Frère André en chair et en os. Je m’écriai : ah! Frère André, permettez-moi de vous embrassez.

– Oh! oh! fit-il, puis il se jeta dans mes bras que je lui ouvrais; et nous nous sommes embrassés.

Je le fis alors entrer dans mon bureau; à peine avions-nous échangé quelques mots, qu’il me dit :

– Je vais vous frictionner. Il semblait être venu exprès pour cela.
– Frère, lui dis-je, nous avons des malades qui ont plus besoin de guérir que moi. Moi, je ne suis plus bon à rien. J’aimerais mieux que vous les guérissiez que moi.
– Mais, il dit : je vais commencer par vous. Et voilà qu’il me frotte consciencieusement, de ses deux mains. Et je me sentais réellement mieux.

Le temps n’a pas permis à Frère André de voir les soeurs, mais il dit :

– Saint-Joseph leur en accordera autant que si je les avais vues.

Dès le lendemain, chacune pouvait témoigner d’une notable amélioration. Notre Père dit de lui-même : je me porte comme je ne m’étais jamais porté depuis bien longtemps, et sans prendre le moindre remède. J’ai repris ma démarche d’autrefois, même dans les escaliers

D’UN MÊME COEUR, FRÈRE ANDRÉ ET L’ABBÉ ALEXIS-LOUIS MANGIN AIMAIENT SAINT-JOSEPH

Sois béni, Seigneur, pour les merveilles de grâce que tu as opérées dans l’âme de notre nouveau saint, le Frère André. En le regardant, nous avons le goût de chanter le Magnificat de Marie : Tu as regardé la petitesse de ton serviteur… Tu élèves les humbles. Merci Seigneur pour les flots de faveurs spirituelles qui déborderont sur notre terre québécoise, en cet exceptionnel événement du 17 octobre. Saint Frère André, prie pour nous!

« FRÈRE ANDRÉ, NOUS T’ACCLAMONS, DIEU T’A CHOISI DEPUIS TOUJOURS »

30 Octobre – En communion avec tous ceux et celles qui sont réunis au stade olympique afin de célébrer la canonisation du Saint Frère André, plus humblement, mais avec la même ferveur, nous rendons grâce à Dieu par une Eucharistie solennelle, célébrée en notre enceinte monastique. Avec notre Mère-Église, nos cœurs exultent de bonheur! Nos prières et nos chants montent vers le Dieu Très-Haut, de qui vient toute sainteté.

À l’homélie, notre Père Aumônier, M. l’Abbé André Picard, souligne que : c’est une grande joie de fêter l’humble Frère André, parce que c’est quelqu’un de chez nous; parce qu’il est petit, c’est-à-dire, un homme simple, sans compétence aucune, sauf une : celle de « bien prier ». On était frappé par l’attitude et la qualité de sa prière; par ce que la prière faisait en lui, par lui, et autour de lui. Le curé André Provençal l’avait d’ailleurs présenté au supérieur du collège par ces mots : « Je vous envoie un saint! »

« Si Frère André a développé une amitié particulière avec Saint-Joseph, dévotion qu’il tenait de sa mère, c’est qu’il y avait plusieurs points de convergence. Saint Joseph était un homme simple, un priant, un ouvrier, un immigrant, un éducateur de Jésus; ainsi était l’humble Frère André. »

C’est une grande joie, un bonheur de célébrer la canonisation du Saint Frère André; « ça nous fait du bien ! », de dire notre Père Aumônier. À notre saint québécois, nous confions, plus particulièrement nos chères malades; qu’il leur apporte, si ce n’est une guérison physique, un surcroît de paix, de sérénité et d’amour.

« Frère André, grand ami de Saint Joseph, prie pour nous dans la gloire. »

Avec le lumineux témoignage de ce saint, bien de chez nous, et de tous les saints, écoutons à nouveau l’appel de Dieu : « Soyez saints, car Moi, je suis saint. » (1.P.1)

En son honneur, nous chantons Magnificat. Le Seigneur fit pour lui des merveilles… Il élève les humbles. Alléluia! Alléluia!